Nord-Ouest Américain 2015

Le Yukon et l’Alaska

du 29 août au 16 septembre 2015

 

 

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Paysage d’Alaska (Photo Danielle Joannès)

 

Quelques renseignements

Certains membres de notre groupe, « Les Oiseaux Migrateurs », ont décidé de partir visiter cette partie du continent nord-américain dans l’espoir de voir la grande faune mais également les oiseaux, sans mentionner les paysages fabuleux qui font la réputation de cette région.  Nous avions décidé de partir avec l’agence de voyages « Grands Espaces » que nous connaissions pour être partis au Svalbard avec elle.

Le Yukon est une province du Canada qui couvre une superficie d’un peu plus de 480 000 km² mais avec 34 000 habitants, c’est la moins peuplée après le Nunavut.

Le climat y est extrêmement rude en hiver puisqu’on y a déjà enregistré une température de – 63°C près de la frontière avec l’Alaska et il peut être froid même en fin d’été comme nous avons pu le constater.  Les distances à parcourir pour bien visiter le pays sont grandes, à telle enseigne que nous avons pensé qu’il faudrait près de 3 semaines pour nous baigner dans l’ambiance de ces endroits reculés.  Malgré cela, il nous est arrivé de faire plus de 600 km en van en une seule journée, sans traîner.

Quant à l’Alaska, sa superficie de 1 700 000 km², représente 3 fois celle de la France.  C’est l’état le plus grand des  USA, mais aussi le plus septentrional ce qui explique pourquoi il est le moins peuplé avec seulement 750 000 habitants.

Ces deux régions de l’Amérique du Nord sont parcourues de montagnes élevées où poussent l’épinette noire, et la blanche, le bouleau et le tremble.  La taïga tout comme la toundra abritent de nombreux animaux sauvages et la chasse ou la pêche sont des activités répandues quand elles sont permises.

Notre voyage

Le programme qui nous avait été proposé comprenait de nombreux déplacements sur de longues distances, ce qui était inévitable dans ces vastes régions.  Nous avons traversé des paysages magnifiques, surtout dans les régions les plus septentrionales, sans passer beaucoup de temps dans les villes.  Si vous voulez vous rendre directement à la liste des espèces observées, voyez en fin de page.

29 août 2015 : Paris – Whitehorse (Yukon)

Nous partons de Roissy-Charles de Gaulle pour nous rendre à Toronto au Canada où le passage de la douane n’est pas très facile car il faut courir partout.  Nous ne sommes pas arrivés pour autant et nous prenons un deuxième avion de Toronto à Vancouver où nous atterrissons dans le brouillard, au milieu des montagnes après une descende assez abrupte.  Après avoir passé quelque temps dans les salles d’attente, nous poursuivons notre voyage jusqu’à Whitehorse, dans la province anglophone du Yukon.  Le décollage est très spectaculaire dans la lumière qui se reflète sur les pistes et lorsque nous arrivons dans cette ville, il fait nuit.  Après 15 h passées dans les avions, auxquelles il faut ajouter le temps passé dans les aéroports, il nous faut encore patienter assez longtemps jusqu’à ce que nous puissions récupérer les vans et charger les bagages   Il ne fait pas chaud dans les chambres du Chalet Hotel mais nous avons bien dormi quand même.

30 août 2015 : Whitehorse  – Dawson City

Je me lève assez tôt à cause du décalage horaire et je fais un tour sur le parking de l’hôtel où les camionneurs font chauffer leur moteur.  J’aperçois 2 Corneilles d’Alaska qui sont très difficiles à distinguer des Corneilles d’Amérique que je connais déjà.  Par curiosité, nous allons voir la base d’hydravions au Schwatka Lake où je note deux Plongeons du Pacifique.  A Whitehorse Rapids, nous visitons une passe aménagée pour le Saumon du Pacifique. Il s’agit d’un saumon rouge appelé Chinook qui peut ainsi remonter le fleuve et se reproduire en amont.  Ces poissons mourront ensuite sur place car contrairement aux Saumons de l’Atlantique, ils ne se reproduisent qu’une seule fois.  Je vois avec plaisir 2  Pygargues à tête blanche ainsi que des  Pies d’Amérique, qui ressemblent beaucoup à notre Pie bavarde malgré leurs couvertures d’un vert iridescent très vif.  Nous faisons un tour rapide de la ville après avoir visité un bateau à aubes nommé Klondike.  Pas un seul Pigeon biset de ville, ni un Moineau domestique.  Il fait frais et humide et nous sommes contents de reprendre les vans afin de poursuivre notre périple sur la route qui défile au milieu des épinettes et des bouleaux colorant de vert sombre et de jaune les montagnes légèrement enneigées.  Lors d’une pause dans la région de Carmacks, nous observons 4 Juncos ardoisés, puis peu à peu, les arbres se font moins grands et on se rapproche de la toundra.  Quelques Ecureuils roux d’Amérique, plus petits que ceux que l’on voit en Europe, traversent la route de temps en temps, et nous faisons une pause pour observer des huttes de Castor du Canada et encore d’autres Pygargues à tête blanche, plus nombreux que je ne le pensais car cet oiseau qui est le symbole des USA était menacé de disparition il n’y a pas si longtemps.

 

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Pygargue à tête blanche (Photo Simone Girault)

 

Après 600 km de routes tortueuses, souvent abimées, nous arrivons à Dawson City où nous passerons la nuit à l’Aurora Inn.

31 août 2015 : Dawson City – Tombstone – Dawson City

Dawson City est une petite ville qui a connu son heure de gloire lorsqu’on trouva de l’or dans le Klondike en 1896.  Sa population atteint alors 40 000 habitants avant de tomber à 5 000 trois ans plus tard, après un terrible incendie qui ravagea totalement la ville composée essentiellement de maisons de bois. A cette époque, la plupart des chercheurs dépensaient leurs quelques pépites dans les bars mal fréquentés de la ville et seuls les vendeurs de matériel de recherche faisaient fortune.  Très rapidement, l’or devint beaucoup plus rare mais les conditions climatiques étant toujours aussi dures, elles n’incitaient guère les gens venus du monde entier à s’installer définitivement dans cette bourgade perdue au milieu de nulle part.  Nous nous sommes bien reposés et après le petit déjeuner, nous prenons la Dempster Highway, la route la plus septentrionale au monde qui mène à plus de 700 km de là jusqu’à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. Heureusement, nous n’irons pas aussi loin car cette route de gravier est pleine de nids de poules qui nous font parfois sauter de nos sièges lorsque les chauffeurs roulent un peu trop vite.  Nous faisons bien entendu des arrêts pour profiter du paysage et nous voyons des Tétras du Canada, des Gélinottes huppées et certains membres du groupe ont la chance de voir un Lynx du Canada avec 5 petits.  Quand nous finissons par atteindre le Parc Naturel de Tombstone, il fait de plus en plus froid et la neige commence à tomber.

 

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Parc de Tombstone avec huttes de Castor du Canada (Photo Danielle Joannès)

 

Nous prenons notre pique-nique dans un local chauffé, ce que nous apprécions à sa juste valeur puis nous sortons pour voir les pics enneigés et, plus près de nous, les forêts de conifères, de bouleaux et de trembles.  Quelques Bruants à couronne blanche accompagnant des Juncos ardoisés et une Grive à dos olive sont à la recherche des miettes laissées par les visiteurs.

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Bruant à couronne blanche (Photo Simone Girault)

 

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Junco ardoisé (Photo Simone Girault)

 

Nous quittons le Centre des Visiteurs pour reprendre la route boueuse qui serpente à présent dans la toundra recouverte de bouleaux nains et d’une végétation rase dans laquelle nous voyons de fort près plusieurs Lagopèdes des saules puis un Lièvre d’Amérique.

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Lièvre d’Amérique (Photo Danielle Joannès)

 

Le temps s’améliore au fur et à mesure que nous descendons des montagnes et nous sommes bientôt de retour à Dawson City.  La rue principale est faite de terre que les niveleuses réparent sans arrêt et de part et d’autre de celle-ci, nous marchons sur des trottoirs de bois, le long de maisons qui datent pour certaines de l’époque de la ruée vers l’or.  Le soir, nous allons assister dans un casino de l’époque au spectacle des Diamond Gerties qui visiblement plaisent beaucoup aux touristes de passage.  La musique qui rythme les danses de ces demoiselles, les Canadiens vêtus de chapeaux de cow-boys et le décor de la salle de spectacle nous transportent à cette époque épique et je suis bien content de ne pas être choisi pour faire le clown sur la scène.  D’autres n’ont pas cette chance, mais ils y prennent visiblement un certain plaisir.

 

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La rue principale de Dawson-City (Photo Danielle Joannès)

 

 

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Une vieille église à Dawson-City (Photo Danielle Joannès)

 

01 septembre 2015 : Dawson City (Yukon) – Tok (Alaska)

Nos guides nous emmènent ce matin sur les sites mêmes où tant de gens ont cru naïvement qu’il suffisait de se baisser pour ramasser les pépites et devenir riche.  Si les premiers chercheurs travaillaient de façon rudimentaire, des compagnies plus puissantes ont  par la suite construit des dragues énormes qui raclaient le fond des rivières pour déplacer des milliers de tonnes de gravats.  Déjà à cette époque, la protection de l’environnement n’était même pas envisagée et seul le profit comptait.

 

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Drague pour extraire l’or (Photo Danielle Joannès)

 

Nous nous promenons le long de la rivière Bonanza et pouvons voir quelques engins à présent rouillés avec lesquels les orpailleurs travaillaient dans la boue dans des conditions climatiques extrêmes. Pour rester dans l’ambiance, l’agence a réservé les services d’un guide local prénommé Fred, qui d’une manière très vivante nous fait faire le tour du village et nous donne moult détails sur la vie des chercheurs d’or et les bâtiments que nous voyons.  Cela nous a un peu reposé des fatigues de la route mais il nous faut à présent reprendre les vans car nous devons arriver ce soir à Tok, en Alaska, en passant par des paysages sublimes.  Nous faisons un arrêt sur une route de crêtes d’où nous avons la chance de voir 4 Ours noirs qui se nourrissent de baies sur le flanc de la montagne et un peu plus loin, nous verrons quelques Caribous de Grant.  Les observations sont un peu écourtées par le vent violent et froid qui souffle dans cet endroit où la température est déjà descendue à – 62°C en plein hiver.

Le passage en Alaska se fait par le poste de Poker Creek.  Il s’agit du poste de frontière le plus septentrional des USA et c’est pourtant l’endroit où je suis entré dans ce pays avec le plus de facilité.  Les officiers de l’immigration sont deux femmes très sympathiques qui prennent plaisir à voir passer un peu de monde au sommet de cette route qui est totalement inaccessible en hiver.  Curieusement, comme nous sommes venus en van, nous n’avons pas eu de formulaires particuliers à remplir, ce qui n’est pas le cas si l’on se rend en avion directement de Paris à Anchorage par exemple. Nous suivons la route qui cette fois-ci est en excellent état jusqu’au café de Chicken, un minuscule hameau dont le nom  a une origine bien curieuse.  Le Lagopède des saules est assez commun en cet endroit et son nom anglais de « Ptarmigan » avait l’inconvénient d’avoir une orthographe trop compliquée pour les chasseurs de l’époque qui les ont donc baptisés « poulets », ce qui en anglais se traduit par  « Chicken ».

 

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Lagopède des saules (Photo Simone Girault)

 

La tenancière du seul café du village est très agréable et elle nous a dit qu’elle voyait souvent des aurores boréales à cette époque de l’année.  Cela nous réjouit mais en sachant qu’il faut se lever vers deux heures du matin, attendre dans un endroit dégagé, pas forcément abrité, et avoir un peu de chance, nous pensons que cela sera difficile.  Nous arrivons finalement à Tok, où nous serons hébergés au Golden Bear Hotel.

02 septembre 2015 : Tok – Matanusca – Anchorage

Nous nous levons à 6 h 15, une fois de plus.  Le ciel est bleu mais avec une température de -4°C il gèle.  Nous avons craint un moment que les routes soient verglacées mais ce n’est pas le cas et nous nous dirigeons vers Anchorage.  Le paysage ressemble à celui que nous avons vu les jours précédents mais sous le ciel ensoleillé, il prend un autre relief.

 

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Paysage d’Alaska (Photo Danielle Joannès)

 

La route, à part quelques portions en travaux, est bonne et nous pouvons rouler allègrement en faisant une pause de temps en temps le long de plusieurs lacs et sur l’un d’eux,  j’observe des cygnes adultes accompagnés de juvéniles.  Comme ceux-ci ont le bec rose et non entièrement noir, il s’agit de Cygnes siffleurs et non d’une espèce proche appelée Cygne trompette que l’on peut également voir dans cette région.  Nous pouvons aussi voir des Sarcelles à ailes bleues, des Mésangeais du Canada, des Canards à front blanc, un Grèbe jougris et je note assez fréquemment des Gélinottes huppées qui traversent la route en courant.

 

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Mésangeai du Canada (Photo Simone Girault)

 

 Lors d’un arrêt près d’une station-service je vois une Bécassine de Wilson atterrir dans un petit marécage, un Balbuzard pêcheur en vol et deux Buses pattues.  Nous finissons par atteindre le glacier de Matanusca sur lequel nous avions prévu de faire une petite marche.  Comme nous ne sommes pas équipés pour cela, nous n’allons pas très loin mais cette promenade est néanmoins fort agréable.

 

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Glacier de Matanusca (Photo Danielle Joannès)

 

Nous continuons notre chemin après cela et longeons plusieurs tourbières ou marécages dans lesquels des Elans (appelés Orignaux au Québec) se nourrissent.  Evidemment, nous faisons des arrêts pour des photos depuis le bord de la route.

 

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Elan (Photo Danielle Joannès)

 

Les montagnes déchiquetées et enneigées qui se découpent sur le ciel bleu, les arbres aux feuilles d’un jaune éclatant et le soleil qui brille nous font oublier les conditions difficiles que nous avons connues les jours précédents.  Nous arrivons en fin de journée au Lakefront Millenium Alaskan Hotel à Anchorage en espérant enfin voir des aurores boréales grâce au ciel dégagé.

03 septembre 2015 : Anchorage – Seward

Pas d’aurores boréales visibles cette nuit, ce qui n’a rien d’étonnant car il pleuvote ce matin.  Pour commencer la journée, nous nous rendons non loin de là pour voir la plus grande base d’hydravions au monde.  Cet aéronef est très utilisé dans ce coin de la planète car les lacs y sont nombreux et certaines régions sont tout simplement inaccessibles par la voie terrestre.  C’est d’ailleurs le cas pour la capitale de l’Alaska, Juneau, qui ne peut être atteinte que par la voie des airs  et cela explique pourquoi de nombreux habitants ont un petit avion garé à côté de leur maison.  Nous faisons un rapide tour dans la ville d’Anchorage mais nous sommes un peu déçus même si de belles montagnes dénudées sont visibles au loin.

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Anchorage (Photo Danielle Joannès)

 

Nous reprenons la route qui longe des tourbières pour bientôt nous arrêter le long d’un bras de mer dans lequel nous pouvons observer une trentaine de Bélougas.  On ne peut voir que leur dos blancs (gris chez les jeunes) et de temps en temps un bout de la tête.  Il fait froid, il pleut et nous sommes au bord d’une route très fréquentée et par conséquent nous ne nous attardons pas.  Lors de l’arrêt suivant, nous nous promenons le long d’un torrent et observons avec intérêt les Saumons du Pacifique qui sont en train de frayer. Il ne manque que les ours essayant de les attraper, comme on peut le voir dans de nombreux reportages télévisés.  Dans la région du glacier de Portage, nous allons faire un petit tour au Begich Boggs Center.  Nous en apprenons un peu plus sur la région mais il est inutile d’y passer des heures.  Encore un arrêt à l’Alaska Wildlife Center, toujours sous la pluie.  Cet endroit recueille quelques animaux malades ou blessés et ils sont gardés dans de grands parcs dans lesquels on peut très aisément les photographier.  On a quand même l’impression d’être au zoo.  Les lacs que nous longeons par la suite semblent vides d’oiseaux mais nous pouvons quand même observer quelques canards communs et 6 Cygnes siffleurs.  Peu après 18 h, nous parvenons au Murphy’s Hotel à Seward. J’ai encore le temps d’aller faire un tour non loin du port et j’observe un Pygargue à tête blanche, 5 Guillemots marbrés (une coche pour moi), une centaine de Mouettes tridactyles et environ 150 Goélands d’Amérique dont les oiseaux immatures ont une belle couleur chocolat.  Un peu plus loin, je vois de très nombreux pêcheurs patauger dans la mer ou postés sur un petit pont.  Je m’approche et je vois qu’ils sont en train d’attraper de nombreux Saumons du Pacifique qui remontent un cours d’eau pour aller frayer.

04 septembre 2015 : Seward – Baie de la Résurrection – Seward

Seward est une bourgade d’environ 3000 âmes située sur la péninsule de Kenai et entourée de montagnes enneigées.  Les séismes sont courants dans cette partie du monde et en 1964 un raz-de-marée a fait surgir des vagues de plus de 10 m de haut causant d’énormes dégâts, notamment dans le port où je me trouve mais tout le monde l’a oublié et les gens vaquent à leurs affaires comme partout ailleurs en Alaska.  Nous reprenons nos véhicules pour aller dans la direction du glacier Exit et en nous promenant, j’ai la chance de découvrir un Spermophile arctique, un curieux petit écureuil terrestre qui se dresse sur ses pattes, reste immobile puis détale à toute vitesse.

 

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Spermophile arctique (Photo Danielle Joannès)

 

Pour ce qui est des oiseaux, 4 Pygargues à tête blanche, 2 Geais de Steller, une trentaine de Corneilles d’Alaska, 3 Cormorans à aigrettes, 2 Bruants chanteurs et plusieurs Goélands d’Amérique.

 

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Geai de Steller (Photo Simone Girault)

 

 

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Bruant chanteur (Photo Simone Girault)

 

Le ciel n’est pas trop couvert et il est temps d’embarquer sur le catamaran Aialik Voyager qui doit nous emmener dans la Baie de la Résurrection.  Nous irons jusque au fond de la baie où le glacier d’Aialik se jette dans la mer.  L’intérieur du bateau est bondé et la plupart des gens préfèrent boire une boisson chaude au lieu de prendre froid sur le pont.  Ils n’ont pas forcément tort comme je l’apprendrai à mes dépens.  Ce catamaran navigue à grande vitesse en s’arrêtant de temps en temps  pour que nous puissions voir une curiosité du paysage ou des animaux que nous ne reverrons plus au cours de notre voyage, cette sortie en mer étant la seule programmée. Nous voyons un Guillemot marbré, des Mouettes tridactyles, un Cormoran pélagique, des Macareux cornus et deux Goélands bourgmestres.

 

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Macareux cornu (Photo Simone Girault)

 

La jeune femme  qui dirige le bateau connait bien cette baie et elle nous trouve 4 Baleines à bosse qui plongent un peu plus loin mais ce n’est pas très spectaculaire, comme bien souvent.  Sur les rochers se prélassent quelques Otaries de Steller et des Phoques veaux-marins qui semblent très bien supporter d’être aspergés par cette eau glacée.  Nous poursuivons notre croisière et observons une bonne centaine de Guillemots de Troïl, un petit oiseau ressemblant à un pingouin et qui peut plonger à près de 100 m pour trouver sa nourriture.  Il y a là également un Macareux huppé, une bonne cinquantaine de Puffins fuligineux et plusieurs Loutres de mer qui nagent sur le dos, se contorsionnent ou bien cassent des coquillages sur la poitrine avant de les ingurgiter.  Un Labbe pomarin passe dans le ciel en espérant attaquer des goélands pour leur faire relâcher le poisson qu’ils auront pêché. Après plusieurs heures de navigation, nous arrivons enfin au glacier qui trempe sa langue dans l’eau.  Malgré le bruit des bateaux qui paraissent minuscules à côté de cette montagne de glace, on entend de temps en temps le craquement sonore de quelque bloc de glace qui se détache pour tomber dans la mer en soulevant une énorme gerbe d’écume.  Le retour vers le port se fait à toute vitesse et plus personne n’ayant le droit de se trouver sur le pont du catamaran, on me demande de rentrer.

05 septembre 2015 : Seward – Anchorage – Palmer – Denali

Le temps est couvert et il fait vraiment froid à présent.  Notre van nous emporte jusqu’à Anchorage et lors des quelques arrêts que nous faisons, nous observons des Canards à front blanc et des Cygnes siffleurs.  La ville est visitée très rapidement et nous sommes un peu décontenancés en voyant à nouveau de nombreuses voitures, des feux rouges, des magasins et des gens déambuler dans les rues.  L’endroit ne présentant que peu d’intérêt à nos yeux, nous poursuivons jusqu’à Palmer où nous visitons une ferme à Bœufs musqués.  Ces animaux ont été introduits en Alaska car ils ne s’y trouvent pas à l’état naturel.  Si en 1865 il n’y en avait encore aucun, ils étaient déjà près de 3000 en 2015.  Ils ne sont pas très grands mais dégagent une impression de puissance qui n’est pas usurpée.  Dans cette ferme, ils sont élevés pour leur pelage très dense et plus particulièrement pour  la bourre, très chaude, que l’on appelle quiviut.  Au cours de cette visite, nous pouvons voir quelques Bruants des prés qui se nourrissent au milieu de ces animaux.

 

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Bruant des prés (Photo Simone Girault)

 

Autour de nous, la route est bordée de montagnes noires aux crêtes déchiquetées, de lacs et de tourbières.  Le Mésangeai du Canada est toujours aussi familier et commun, tout comme la Pie d’Amérique ou le Junco ardoisé.  Nous avons hâte d’arriver enfin au Parc naturel de Denali et prenons nos quartiers dans les Mckinley Creekside Cabins, de petits lodges idéalement situés au bord d’un torrent, malheureusement à plusieurs km du centre du parc.  Pourtant, le soir nous prenons notre repas à Denali même, dans un restaurant nommé Salmon Bake.  L’ambiance musicale de ce lieu est très bruyante mais on y mange bien.  Après le repas, nous prenons la seule route du parc autorisée aux véhicules particuliers et faisons un arrêt à chaque fois que nous voyons un Elan.  Ces mammifères au long museau et aux immenses pattes sont très grands et les mâles sont aisément reconnaissables à l’énorme panache blanchâtre qu’ils arborent.  Ces bois,  qui repoussent chaque année, sont pourtant extrêmement lourds mais ils ne semblent pas peser sur ces cervidés qui se déplacent avec tant de facilité, que ce soit dans un étang ou sur la terre ferme.

06 septembre 2015 : Denali

Nous nous réjouissons de pouvoir continuer notre visite du parc de Denali car nous avons déjà pu voir que les animaux étaient encore plus nombreux qu’ailleurs puisqu’ils ne sont pas chassés et peuvent vivre en paix dans ce milieu naturel exceptionnel.  Je suis surpris par le nombre élevé d’Elans que nous observons mais un peu déçu de ne pas avoir encore vu les Grizzlys, qui, bien qu’étant des Ours bruns comme ceux qui vivent en Europe, sont quand même plus impressionnants et dangereux.  Partout dans le centre d’accueil ou dans la littérature consultée ici et là, on nous donne des conseils pour éviter tout risque en cas de rencontre : il s’agit essentiellement de ne pas s’approcher trop près, de parler lentement, sans élever la voix, de ne pas faire de mouvements brusques et surtout de ne pas s’enfuir. En cas d’attaque, il faut se défendre et si cela ne suffit pas, se rouler en boule en se protégeant la tête et le cou. Cette situation étant tout à fait exceptionnelle, nous n’avons aucune inquiétude et ferons en sorte de ne pas nous mettre en danger.
En attendant, nous profitons de la vue sur le Mont Denali, autrefois appelé Mont MacKinley, dont le sommet enneigé qui culmine à 6192 m n’est pas toujours visible.  Ceux qui le voient sont incités à acheter une attestation qui vaut ce qu’elle vaut …  Avis aux amateurs : les conditions sont extrêmes pour ceux qui s’aventurent à le gravir car à l’altitude élevée s’ajoute le froid intense de cette latitude.

 

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Le Mont Denali (Photo Danielle Joannès)

 

Nous faisons une promenade le long d’un torrent, d’autant plus agréable que le temps est clément aujourd’hui.  Nous observons un Spermophile arctique mais également une Marmotte des Rocheuses sans compter quelques oiseaux communs que nous avons déjà vus un peu partout.  Après un repas à Denali où nous mangeons un steak énorme, nous refaisons la même sortie nocturne que précédemment et revoyons les mêmes Elans.  L’un des mâles donne de violents coups avec ses bois sur les branches basses d’un bouleau et j’imagine aisément les blessures qu’il pourrait occasionner à un animal qui  s’aviserait de l’attaquer.  Seuls les Loups en prennent le risque, notamment en hiver quand il ne peut se déplacer facilement à cause de la neige épaisse.
Le soir, je paie mon exposition au vent et au froid puisque je contracte un gros rhume et une bronchite.

07 septembre 2015 : Denali

Je me sens mieux ce matin et je m’habille comme pour le grand hiver alors qu’il ne fait pas trop froid.  Aujourd’hui, nous prenons une des navettes officielles qui seules sont autorisées au-delà de Savage River, pour passer au milieu du parc naturel.  Depuis ce car dont les fenêtres s’ouvrent très difficilement, nous voyons encore des Elans et des Caribous de Grant apparemment indifférents au paysage grandiose qui les entoure.  Les appareils photos crépitent de tous les côtés quand nous faisons un arrêt, toujours très court, car notre chauffeur a un horaire à respecter.  C’est assez décevant.  Nous voyons enfin notre premier Grizzly, de fort loin et le chauffeur s’impatiente déjà.  Heureusement, un peu plus tard, nous en verrons plusieurs dans d’excellentes conditions se nourrir sur le bas-côté de la route.  Certains d’entre eux sont vraiment gros et on a du mal à comprendre comment ils peuvent prendre autant de poids en mangeant avant tout des baies.  Ceux que nous observons sont un peu moins lourds que ceux qui se nourrissent essentiellement de saumon et qui peuvent dépasser 500 kg mais ils ne doivent pas en être très loin.  Nous nous arrêtons au centre d’information d’Eielson pour nous dégourdir les jambes et décidons de reprendre une autre navette plus tard.  L’organisation est assez complexe car il faut ramener tout le monde à Denali avant la nuit et laisser également un peu de place dans le bus pour prendre des campeurs ou des cyclistes, qui eux, ont le droit de se déplacer dans le parc, à leurs risques et périls.

 

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Paysage d’altitude en Alaska (Photo Danielle Joannès)

 

 

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Coucher de soleil sur la taïga (Photo Danielle Joannès)

 

Le centre d’information est intéressant mais après quelque temps nous préférons sortir nous promener et chercher d’autres animaux.  Nous verrons encore un Grizzly, d’assez loin et un Spermophile arctique tout près de nous.  Pour ce qui est des oiseaux, le Mésangeai du Canada est très commun. Après une heure de promenade, nous reprenons une navette, en groupes séparés et avons la chance de bien observer des Mouflons de Dall. Ils ressemblent au Mouflon que l’on peut voir en Europe mais avec leur pelage entièrement blanc, ils ont beaucoup plus d’allure.  Tout comme les autres espèces que nous avons vues jusqu’à présent, ils broutent ou ruminent paisiblement à quelques mètres du bord de la route.  Les animaux ne sont guère farouches là où ils se sentent en sécurité et nous avons pu observer que leur comportement était très différent par rapport aux endroits où la chasse est autorisée.

 

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Mouflon de Dall (Photo Martine Perine)

 

Nous finissons notre journée dans le parc avec l’observation à bout portant d’un énorme Grizzly qui engloutit une quantité phénoménale de baies.  Il s’y prend d’ailleurs avec beaucoup de délicatesse, en se servant de ses dents pour arracher les baies comme le font des chercheurs de myrtilles qui utilisent un peigne plutôt que de les arracher une à une.  Quel dommage qu’il faille parfois observer toute cette faune entre les têtes qui s’agglutinent aux vitres du bus.

08 septembre 2015 : Denali – Fairbanks

Je vais mieux ce matin mais d’autres membres de notre groupe sont à présent victimes de refroidissements à des degrés divers.  Comme nous voyageons toute la journée les uns à côté des autres, nous nous contaminons facilement, d’autant plus que les distances à parcourir sont souvent assez longues.  Ce n’est pas le cas aujourd’hui car nous allons à Fairbanks, au Regency Park Hotel, où nous arrivons au milieu de la journée.  En cours de route, j’observe plusieurs Grands Corbeaux et des Cygnes trompettes.  En fin d’après-midi, nous visitons le Centre Culturel qui est très agréable et faisons un petit tour dans la ville.  Elle nous plait plus qu’Anchorage car  étant plus petite, l’ambiance y est plus conviviale.  J’aime particulièrement la promenade le long de la rivière Chena d’où je peux voir passer 2 Balbuzards pêcheurs et 2 Bruants hudsoniens.  Nous décidons ensuite d’aller voir ce qui fait l’une des richesses économiques de l’Alaska, à savoir l’oléoduc qui a été construit de 1975 à 1977 au départ de Prudhoe Bay dans la Mer de Beaufort, tout au nord, jusqu’à Valdez, dans le Golfe de l’Alaska.  C’est une installation assez surprenante à voir.  Imaginez des tuyaux qui font près d’un mètre cinquante centimètres de diamètre soudés les uns aux autres sur 1300 km, traversant 3 chaînes de montagnes et plus de 500 cours d’eau. A l’intérieur de ceux-ci circulent des appareils chargés d’éliminer la paraffine qui se dépose sur les parois.  Selon la nature et la température du sol, soit ces tuyaux reposent sur une structure métallique, soit ils sont bien sont enterrés  Ils peuvent coulisser latéralement pour éviter de se rompre lors de mouvements de terrain dus à un séisme par exemple.  Si toutes les précautions semblent avoir été prises pour ce qui est du transport sur terre, la région n’est malheureusement pas à l’abri d’une catastrophe écologique, comme l’a prouvé l’échouage du pétrolier Exxon Valdez en 1989 non loin du terminal sud.  La rançon du progrès technologique et du développement économique est lourde à payer.

 

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Oléoduc (Photo Danielle Joannès)

 

Le soir, je fais une rechute, j’ai de la fièvre et des nausées et je ne me sens pas très bien.  Je me soigne avec quelques médicaments achetés sur place mais visiblement ils ne sont pas adaptés à mon cas.

09 septembre 2015 : Fairbanks

Ce n’est pas la grande forme ce matin mais je me sens suffisamment bien pour suivre le groupe sans problème jusqu’à Creamer’s field près de Fairbanks.  Il s’agit d’une petite réserve qui comprend entre autres biotopes des champs dans lesquels je détecte, non sans mal car je n’ai pas de longue-vue, une Oie rieuse au milieu  d’un groupe d’environ 200 Bernaches du Canada.

 

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Bernaches du Canada (Photo Danielle Joannès)

 

Bernaches du Canada (Photo Danielle Joannès)plus petits que d’autres mais comme les variations individuelles sont assez fortes, je ne peux affirmer qu’il s’agit de Bernaches de Hutchins.

 

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Bernache du Canada, de petite taille (Photo Simone Girault)

 

Non loin de ces champs, il y a un petits bois dans lequel je coche ma première Grive à collier.  Sur l’étang du Wander Lake, je peux voir un Grèbe jougris, quelques canards communs dont la Sarcelle à ailes bleues.  Un Bécasseau tacheté mange tranquillement sur la vase, non loin d’un Rat musqué. Sur la rive, une belle libellule que j’identifie comme étant un Sympetrum noir et dans les buissons une Paruline à croupion jaune et des Merles d’Amérique.  Ce milieu est assez riche et plaisant à nos yeux mais il nous faut revenir au centre où nous avions garé nos vans.

 

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Merle d’Amérique (Photo Simone Girault)

 

Nous étions venus ici dans l’espoir d’observer des Grues du Canada mais nous avons appris qu’elles se trouvaient près de l’Université où nous nous rendons donc très rapidement.  Elles sont bien là et je peux en compter environ 250.  Elles semblent moins farouches que nos Grues cendrées, sont nettement plus brunes mais émettent des cris assez similaires.

 

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Grue du Canada (Photo Simone Girault)

 

Pour changer un peu de ce que nous faisons d’habitude nous nous rendons au Pioneers of Alaska Museum.  C’est un musée qui est composé de plusieurs maisons de bois, construites comme à l’époque des pionniers et dans lesquelles on peut voir des meubles, des outils et diverses photos qui nous donnent une idée de la vie que menaient les pionniers en Alaska en ce temps-là.  Nous sommes déçus parce que de nombreux bâtiments sont déjà fermés car la saison touristique touche à sa fin.  Il fait encore 18°C mais j’ai froid bien que je sois emmitouflé comme en plein hiver.  Mon état de santé se dégrade de plus en plus rapidement et les médicaments ne m’aident plus, ce qui ne m’empêche pas de suivre le groupe.

10 septembre 2015 : Fairbanks (Alaska) – Whitehorse (Yukon)

En nous levant, nous apprenons qu’un autre membre du groupe est malade.  Après des examens  à l’hôpital, il quittera le groupe et retournera en France.  Pour l’instant, je vais un peu mieux et je peux visiter le très intéressant Musée du Nord à Fairbanks.  Tout près de l’Université, nous voyons encore une fois une centaine de Grues du Canada puis nous poursuivons notre route le long de divers lacs et rivières.  Le Pygargue à tête blanche est observé encore une fois, tout comme le Grand Corbeau et le Mésangeai du Canada qui vient se nourrir jusque sur nos tables de pique-nique.  Au lac de Harding je note un Grèbe jougris et un Plongeon du Pacifique.  La température a bien monté puisqu’il fait 19°C sur les rives du Birch Lake.  Les gens se promènent en T-shirt mais en ce qui me concerne, j’ai froid et je frissonne.  Je voyage couché sur la banquette arrière de notre van qui est aussi bien amorti qu’un 4X4 militaire russe et je fais mon possible pour ne pas tomber entre les sièges.  Lors des arrêts que nous faisons, je sors un peu pour me dégourdir les jambes ce qui me permet de voir à nouveau un Ecureuil roux d’Amérique, un Lièvre d’Amérique mais également un Epervier brun.  A 9 h, nous quittons l’Alaska pour revenir dans le Yukon.  Bien que nous soyons passés des USA au Canada et que le décalage horaire avec la France ne soit à présent que de 9 h au lieu de 10, le paysage n’a pas changé.  Les formalités de passage à la frontière sont un peu plus longues qu’à l’aller mais tout se passe dans une ambiance bon enfant et nous pouvons poursuivre notre route.  Sur un lac je note 8 Garrots à oeil d’or, 2 Cygnes trompettes et j’ai même la surprise de voir un Labbe pomarin, ce qui est assez rare à l’intérieur des terres.  Mes médicaments semblent agir et l’observation d’un Grizzly qui se nourrit tout près du bord de la route me sort quelque peu de ma torpeur.  Il ne s’occupe absolument pas de nous, tout occupé qu’il est à déterrer quelque chose à grands coups de griffes.  Il se nourrit ainsi un long moment avant de se coucher, visiblement repu.

 

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Grizzly (Photo Danielle Joannès)

 

 

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Grizzly (Photo Danielle Joannès)

 

Nous continuons sur l’Alaskan Highway qui, malgré les travaux en cours, comporte de nombreux tronçons très bosselés et de nombreux nids de poule, ce qui ajoute encore à mon inconfort.  Sur le flanc d’une montagne, nous observons 46 Mouflons de Dall qui paissent alors que dans le ciel tournoie une Buse à queue rousse.  Je suis particulièrement content d’être enfin arrivé à Whitehorse car j’ai à nouveau une grosse bronchite et un fort accès de fièvre, à tel point que je me contenterai pour dîner d’un Sea Chowder que je parviens à avaler dans ma chambre.

11 septembre 2015 : Whitehorse – Vancouver (Colombie Britannique) – Banff (Alberta)

Il a fallu se lever à 3 h 30 car nous devons prendre l’avion mais je me sens un peu mieux.  Le vol de Whitehorse à Vancouver dure un peu plus de 2 heures et, contrairement au vol aller, nous avons la chance d’avoir le beau temps et la descente entre la mer et les montagnes est magnifique.  L’escale est de courte durée et nous reprenons le même appareil pour aller jusqu’à Calgary.  Nous sommes à présent dans l’Alberta et le décalage horaire avec la France n’est plus que de 8 h.  Nos guides sont partis chercher de nouveaux vans et il nous faut patienter assez longtemps à l’aéroport avant qu’ils ne reviennent.   Heureusement, ces véhicules sont plus confortables que ceux que nous avions précédemment et les routes sont meilleures à présent.  Le paysage est différent également.  Nous passons le long des belles prairies où paissent des vaches, au milieu des grosses balles de foin.  Je note un Epervier brun et un Busard Saint-Martin, ainsi que des Buses à queue rousse.  Nous longeons le parc naturel de Banff sans véritablement le visiter, ce qui est bien dommage.  La taïga s’étale aux pieds des montagnes déchiquetées et le paysage est de toute beauté.  Nous faisons un petit arrêt au Lac Minnewanka où j’aperçois une dizaine de Goélands d’Amérique.  Il fait nettement meilleur puisque la température monte à 25°C et que le ciel est tout bleu.  Malgré cela, j’ai froid alors que je porte un pull, une laine polaire et une parka et que tout le monde se promène en T-shirt.  Comme ma fièvre augmente et que nous voyons une petite clinique d’urgence près de Lake Louise, je me résous à faire appel à un médecin qui fera les 30 km de son domicile à cet endroit pour venir m’examiner.  Il me placera sous perfusion pendant 3 heures sans réussir à faire diminuer mon rythme cardiaque qui oscille entre 140 et 176 battements à la minute.  Il songe à une pneumonie bilatérale et me convainc de me faire hospitaliser d’urgence, ce qui veut dire que je vais devoir me séparer du groupe qui poursuivra le voyage sans mon épouse et moi-même.  Le médecin n’accepte pas de travailler avec mon assurance de voyage et je suis donc obligé de payer près de 350 € avec ma carte bancaire.  Une ambulance finit par venir me chercher et me conduit à l’hôpital Mineral Springs de Banff où je suis hébergé au Service de Soins Intensifs car le diagnostic du médecin est confirmé.

Du 13 au 16 septembre 2015 : BanffParis

J’ai passé ces derniers jours au sein de cet excellent hôpital, bénéficiant du réconfort moral de mon épouse et des bons soins des médecins qui, outre cela, ont également réglé toute la paperasserie avec la compagnie d’assurance avec laquelle ils ont finalement accepté de collaborer, les sommes engagées dépassant de loin ce qu’on garde habituellement sur un compte en banque.  Ils ont également accepté que mon épouse dorme à côté de moi pendant 2 nuits car elle n’avait pu trouver de chambre d’hôtel.  J’ai réussi à rejoindre le reste du groupe pour le vol retour de Calgary à Paris que je trouverai très long et très inconfortable car je suis encore bien faible et si les médecins m’ont laissé partir, c’est avec beaucoup de réticence.
J’ai manqué la partie prévue en fin de voyage mais je suis rentré vivant en ayant appris qu’il faut absolument une bonne assurance pour des pays où l’hospitalisation peut être dispendieuse.  Il faut également savoir que les démarches administratives ainsi que les délais de règlement sont extrêmement longs.  Plus d’un an après la fin du voyage, tout n’est pas encore réglé.

Liste des espèces vues pendant le voyage.

01 Oie rieuse Anser albifrons Un individu isolé en compagnie de Bernaches du Canada à Creamer’s Field près de Fairbanks en Alaska.
02 Bernache du Canada Branta canadensis Espèce notée dans la région d’Anchorage et surtout près de Fairbanks, à Creamer’s Field Fairbanks en Alaska avec environ 200 individus.  Certains oiseaux avaient le cou assez court mais je n’ai pu certifier qu’il s’agissait de Bernaches de Hutchins (Branta hutchinsii).
03 Cygne trompette Cygnus buccinator Quatre individus identifiés avec certitude dans le Yukon près de l’Alaska grâce à la base entièrement noire du bec des juvéniles qui la différencie du Cygne siffleur.
04 Cygne siffleur Cygnus columbianus Il s’agit de notre Cygne de Bewick en Europe.  Observé en Alaska, il m’a semblé plus commun que le Cygne trompette. Le Cygne de Bewick a une petite tache jaune couvrant la base du bec.  Elle est encore plus petite, voire absente chez le Cygne siffleur
05 Canard colvert Anas platyrhynchos Quelques individus observés en Alaska, notamment à Fairbanks.
06 Canard à front blanc Anas americana Quelques-uns en Alaska, ou dans le Yukon proche.
07 Sarcelle à ailes bleues Anas discors Quelques-uns en Alaska, ou dans le Yukon proche.
08 Fuligule à bec cerclé Aythya collaris Deux dans la région de Calgary dans la province canadienne de l’Alberta.
09 Garrot à oeil d’or Bucephala clangula Huit sur un petit lac du Yukon proche Alaska.  Ils ressemblent beaucoup au Garrot d’Islande également présent en ces lieux.
10 Harle huppé Mergus serrator Quatre individus près de Whitehorse dans le Yukon.
11 Tétras du Canada Falcipennis canadensis Quelques individus sur la North Fork Road dans le parc de Tombstone près de Dawson City, Yukon.
12 Lagopède des saules Lagopus lagopus Deux dizaines d’individus très peu farouches sur la North Fork Road dans le parc de Tombstone près de Dawson City, Yukon.
13 Gélinotte huppée Bonasa umbellus Quelques individus sur la North Fork Road dans le parc de Tombstone près de Dawson City, Yukon.  Un oiseau vu dans la région de Mentasta en Alaska.
14 Plongeon du Pacifique Gavia pacifica Deux à Whitehorse dans le Yukon et un au lac Harding en Alaska.  Le contraste entre les parties blanches et les parties noires du plumage est très frappant.
15 Grèbe jougris Podiceps grisegena Assez commun.  Observé dans le parc de Tombstone, près de Dawson City dans le Yukon mais aussi en Alaska à Mentasta, sur le lac Wander près de Creamer’s Field à Fairbanks (4 individus) et deux sur le lac Harding.
16 Puffin fuligineux Puffinus griseus Une cinquantaine d’oiseaux observés lors de la croisière dans la Baie de la Résurrection près de Seward, Alaska.
17 Cormoran pélagique Phalacrocorax pelagicus Cinq individus au moins observés lors de la croisière dans la Baie de la Résurrection près de Seward, Alaska.
18 Cormoran à aigrettes Phalacrocorax auritus Trois oiseaux  observés lors de la croisière dans la Baie de la Résurrection près de Seward, Alaska.
19 Grande Aigrette Ardea alba Un individu à Mentasta, Alaska.
20 Busard Saint-Martin Circus cyaneus Observé à plusieurs reprises dans le Yukon, l’Alaska ou l’Alberta.  Curieusement, je n’ai vu que des oiseaux de type femelle.
21 Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus En Alaska.  Un oiseau à Glenallen et deux individus ensemble à 2 Fairbanks.
22 Epervier brun Accipiter striatus Un oiseau observé dans la région de Tok en Alaska et un près de Calgary dans l’Alberta.
23 Autour des palombes Accipiter gentilis Un seul individu, observé dans le parc de Denali.
24 Buse à queue rousse Buteo jamaicensis Peu fréquente mais observée dans différentes régions.
25 Buse pattue Buteo lagopus Deux individus déterminés avec certitude à Glenallen dans l’Alaska.
26 Pygargue à tête blanche Haliaetus leucocephalus J’ai été agréablement surpris de voir assez fréquemment cet oiseau spectaculaire dans d’excellentes conditions un peu partout tant dans le Yukon que dans l’Alaska.
27 Grue du Canada Grus canadensis Environ 250 individus dans une prairie proche de l’Université de Fairbanks en Alaska.  Cet oiseau m’a paru nettement moins farouche que notre Grue cendrée.
28 Chevalier grivelé Actitis macularius Un seul oiseau, vu au lac Fox dans le Yukon.
29 Bécasseau tacheté Calidris melanotos Un seul oiseau, vu au lac Wander près de Fairbanks, en Alaska.
30 Bécassine de Wilson Gallinago delicata Un individu se pose dans une petite zone humide à Glenallen en Alaska.
31 Mouette tridactyle Rissa tridactyla Nombreuses dans la région de Seward en Alaska.
32 Goéland d’Amérique Larus smithsonianus Commun un peu partout.
33 Goéland bourgmestre Larus hyperboreus Noté à Seward, Alaska.  N’ayant pas de longue-vue, il m’a été très difficile de reconnaître les différents taxons présents dans ces régions, notamment pour ce qui est des juvéniles.  Il est très difficile de séparer sur le terrain les jeunes de Goéland à ailes grises des juvéniles de Goélands de Thayer.  Pour compliquer le tout, le Goéland bourgmestre s’hybride fréquemment avec le Goéland à ailes grises et tout les intermédiaires existent, tant pour les critères de taille que de plumage.  On appelle d’ailleurs ces hybrides des Goélands de Seward.
34 Labbe pomarin Stercorarius pomarinus Un oiseau près de Seward, Alaska et un autre dans l’ouest du Yukon.
35 Guillemot de Troïl Uria aalge Nous avons pu en voir une bonne centaine lors de la croisière dans la baine de la Résurrection, dans l’Alaska.
36 Guillemot marbré Brachyramphus marmoratus Plusieurs individus observés dans la région de Seward en Alaska.
37 Macareux huppé Fratercula cirrhata Un seul individu noté avec certitude depuis le bateau dans la Baie de la Résurrection en Alaska.
38 Macareux cornu Fratercula corniculata Une trentaine d’individus notés depuis le bateau dans la Baie de la Résurrection en Alaska.
39 Pigeon biset Columba livia En Alaska, uniquement visibles dans certaines villes d’importance, comme Anchorage, Seward et surtout Fairbanks.  Trois individus notés depuis mon lit d’hôpital à Banff dans la province canadienne de l’Alberta.
40 Pic flamboyant Colaptes auratus Un individu observé en vol près de Dawson City dans le Yukon.
41 Faucon émerillon Falco columbarius Un oiseau vu à Glen Allen en Alaska.
42 Geai de Steller Cyanocitta stelleri Deux individus, très confiants sur le parking du Glacier Exit en Alaska.
43 Mésangeai du Canada Perisoreus canadensis En dehors des milieux urbains, visible partout en Alaska et dans le Yukon.  Extrêmement confiant.
44 Pie d’Amérique Pica hudsonia Présente et commune en toutes sortes de biotopes.  Ressemble énormément à notre Pie d’Europe.
45 Grand Corbeau Corvus corax Très commun un peu partout.
46 Corneille d’Amérique Corvus brachyrhynchos Observée dans l’Alberta.
47 Corneille d’Alaska  Corvus caurinus Observée dans le Yukon et l’Alaska. Il est quasiment impossible de la distinguer de la Corneille d’Amérique mais la répartition et différente même s’il y a des lieux ou les deux taxons coexistent.  Surtout  présente en bord de mer en Alaska.
48 Mésange à tête noire Poecile atricapillus Un individu observé le long de l’oléoduc Prudhoe-Valdez près de Fairbanks, Alaska.
49 Grive à dos olive Catharus ustulatus Un individu assez confiant dans le parc naturel de Tombstone dans le Yukon.
50 Merle d’Amérique Turdus migratorius Vus en petits groupes : de 4 à 8 individus, dans le Yukon et l’Alaska.
51 Grive à collier Ixoreus naevius Un couple au moins observé dans un petit bois dans la propriété de Creamer’s Field près de Fairbanks en Alaska.  Très bel oiseau.
52 Paruline à croupion jaune Setophaga coronata Un individu observé à Creamer’s Field près de Fairbanks, Alaska.
53 Bruant hudsonien Spizella arborea Deux oiseaux vus à Fairbanks,Alaska.
54 Bruant des prés Passerculus sandwichensis Cinq oiseaux posés sur un grillage dans le ferme d’élevage de Boeuf musqué à Palmer en Alaska.
55 Bruant chanteur Melospiza melodia Deux oiseaux sur la digue de protection à Seward, Alaska.
56 Junco ardoisé Junco hyemalis Oiseau assez confiant, visible un peu partout en différents milieux.
57 Bruant à couronne blanche Zonotrichia Leucophrys Quelques individus vus dans le parc de Tombstone dans le Yukon.

 

 

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Dempster Highway en Alaska (Photo Danielle Joannès)

 

Autres espèces observées :

Poissons :

Saumon du Pacifique : (Onchorynchus keta).  Il existe plusieurs sous-espèces que nous avons pu observer en phase de reproduction dans différentes frayères mais aussi dans des passes à saumons permettant à ceux-ci de remonter un cours d’eau sur lequel on a construit un barrage. Ce saumon peut facilement être observé de près, notamment parce qu’il est l’objet de la pêche sportive à Seward, depuis la plage ou un petit pont au-dessus d’un cours d’eau qui se jette dans la mer.  Le Saumon du Pacifique ne se reproduit qu’une seule fois dans sa vie, contrairement au Saumon de l’Atlantique.

Insectes :

Sympetrum noir : (Sumetrum danae).  Un mâle vu a Creamer’s Field près de Fairbanks en Alaska.

Mammifères :

Lièvre d’Amérique : (Lepus americana).  Un individu observé dans le parc de Tombstone dans le Yukon et un autre près de Tok en Alaska.  Il a les oreilles plus courtes que celles du Lièvre d’Europe mais ne doit pas être confondu avec le Lièvre arctique.

Marmotte des rocheuses : (Marmota caligata).  Un individu observé lors d’une randonnée dans le parc de Denali.

Spermophile arctique : (Spermophilus  parryi).  Commun et très confiant, notamment au parc de Denali.

Ecureuil roux d’Amérique : (Tamiasciurus hudsonicus).  Commun.  On l’observe souvent quand il traverse les routes dans les forêts.  Il a une queue moins touffue que celle de notre Ecureuil roux d’Europe et il est plus petit.

Castor du Canada : (Castor canadensis).  Bien qu’il soit présent un peu partout, il est plutôt nocturne et nous ne l’avons jamais vu.  Seules les huttes qu’il construit révèlent sa présence.

Rat musqué : (Ondatra zibethicus).  Un individu vu au lac Wander, près de Fairbanks.

Ours noir : (Ursus americanus).  Quatre individus en train de se nourrir sur le flanc d’une montagne dans le Yukon, près de la frontière avec l’Alaska.

Grizzly : (Ursus arctos horribilis).  Il s’agit d’une sous-espèce de l’Ours brun qui est plus grande, avec un pelage généralement plus clair, une bosse au garrot et des oreilles comparativement plus courtes.  Nous avons pu en voir une dizaine dans le parc de Denali et un individu se nourrissant tout près de la route dans la région de Kluane, Yukon.

Loutre de mer : (Enhydra kytrus).   Très comiques quand elles font la planche ou se roulent sur l’eau.  Une bonne cinquantaine dans la Baie de la Résurection en Alaska.

Lynx du Canada : (Lynx canadensis). Certains membres de notre groupe ont eu la chance d’observer un adulte accompagné de 5 jeunes le long de la Dempster Highway dans le Yukon.  Pas de chance pour ceux qui se trouvaient dans notre van.

Otarie de Steller : (Eumotepias jubatus).  Quatre individus vus lors de la sortie dans la Baie de Résurection.  La couleur chocolat de leur pelage est assez surprenante.

Phoque veau-marin : (Phoca vitulina).  Une dizaine dans la Baie de la Résurrection en Alaska.

Elan : (Alces alces).  Appelé Orignal dans les provinces francophones du Canada. Jusqu’à 8 individus vus le même jour dans le parc de Denali.  Les mâles étaient en rut et arboraient leurs énormes bois presque blancs qui les rendaient visibles même lorsque la nuit venait de tomber.

Caribou de Grant : (Rangifer tarandus granti ).  Le Caribou de Grant est visible au Yukon et dans l’Alaska.  Il s’agit d’une des sous-espèces du Renne que l’on trouve sur le continent eurasien.  Quelques individus.

Moufflon de Dall : (Ovis dalli).  Une quinzaine de ces mouflons blancs ont été vus dans le parc de Denali et au moins 46 individus qui se nourrissaient sur le flanc d’une montagne à Haines Junction dans le Yukon.  A ne pas confondre avec les Chèvres des montagnes rocheuses (Oreamnos americanus) qui ont été observées par le reste du groupe dans l’Alberta lors de mon hospitalisation.

Boeuf musqué : (Ovibos moschatus).  Signalé pour l’anecdote.  Nous avons vu des Boeufs musqués élevés pour leur pelage dans une ferme à Palmer en Alaska.

Bélouga : (Delphinapterus leucas) Une cinquantaine dans un bras de mer près de Seward et une dizaine au sud d’Anchorage en Alaska.

Baleine à bosse : (Megaptera novaeangliae).  Quatre individus observés dans la Baie de la Résurrection près de Seward en Alaska.

REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier mes amis Les Oiseaux Migrateurs qui nous ont soutenus, mon épouse et moi-même, lorsque je suis tombé malade et qu’il nous a fallu abandonner le groupe.  Mes excuses aux autres participants à ce voyage pour la gêne que j’ai pu occasionner.  Un grand merci également à mon épouse Danielle, à Simone Girault et à Martine Perrine pour l’autorisation qu’elles m’ont accordée de publier quelques-unes de leurs photos.

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