Canaries (Gran Canaria) 2017

La Grande Canarie

Pour ceux qui ne veulent pas les détails touristiques et qui s’intéressent uniquement à l’observation des oiseaux, voir en fin de page.

Quelques remarques sur l’île

Décalage horaire : une heure en moins par rapport à la France.

Spécificités de l’île : Comme Fuerteventura ou Ténériffe, l’île de la Grande Canarie fait politiquement partie de l’Europe mais comme elles, son climat et sa végétation en font plutôt un pays africain. Pour ce qui est de l’avifaune, c’est certainement la moins visitée par les ornithologues car elle ne comprend pas d’espèces endémiques.  Ceci n’enlève rien au fait qu’il s’agit quand même d’une destination agréable pour ceux qui recherche un endroit pas très éloigné de la France et où il fait une température encore agréable en plein hiver, même dans le nord où les pluies sont plus abondantes. Les plus beaux paysages se situent sur la côte ouest et dans le centre alors que la côte sud est très dégradée par les sites touristiques ou industriels, notamment près de l’aéroport ou de la capitale, Las Palmas. Nous sommes partis en famille et notre petite-fille étant membre d’un club de natation et non férue d’observations d’oiseaux, nous avons néanmoins choisi de séjourner du 11 au 22 février 2017 dans l’hôtel Escorial à Playa del Inglés, près de Maspalomas.  Nous ne l’avons pas regretté car les chambres étaient spacieuses, les repas de qualité et abondants et sa localisation nous permettait de  nous rendre facilement dans tous les lieux qui nous intéressaient.

Il faut savoir que si l’eau du robinet est potable, elle peut occasionner quelques troubles intestinaux si l’on n’y est pas habitué et il vaut mieux faire provision d’eau en bouteille que l’on trouve en grande quantité dans tous les supermarchés.

Circulation: Une autoroute très fréquentée longe la côte du nord-est au sud et diverses routes rayonnent en suivant les barrancos jusqu’au centre, vers Cruz de Tereja.  Le revêtement est généralement de bonne qualité mais certaines voies secondaires peuvent être très étroites et tortueuses, présenter des pentes de 15% et longer des ravins impressionnants ainsi que des falaises où les chutes de pierres sont fréquentes par temps de pluie.  Ce n’est pas dantesque mais il faut être prudent et ne pas oublier de faire le plein avant de partir car les stations de carburant sont très dispersées et on peut avoir à faire demi-tour lorsque les routes sont fermées à cause des travaux ou des chutes de pierres.  Nous avions loué une voiture chez Europcar à l’aéroport et il n’y avait pas de GPS dans ce petit modèle mais heureusement j’avais pris le mien et il m’a été très utile.

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Une belle place pour se garer (Photo Julie Joannès)

Sites ornithologiques :

Il ne faut pas manquer de se rendre à la lagune de l’Oasis de Maspalomas, près de Meloneras (prendre la direction du phare et se garer en contrebas, près ou dans les parcs de stationnement couverts mais payants). La zone arborée ou buissonnante entre la lagune elle-même et les parkings est également intéressante. A partir de là, vous pouvez vous rendre dans les dunes en longeant le côté sud du golf ou les explorer à partir du point de départ de la promenade en dromadaire.

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La lagune de Maspalomas (Photo Julie Joannès)

A l’ouest de de Maspalomas, à la limite est du Golf de Meloneras, sur la GC500, il existe un parking qui permet de faire demi-tour.  Il y a là une petite zone humide en bordure du matoral qui vaut la peine qu’on s’y arrête.

A l’est de Maspalomas, on peut s’arrêter à la lagune de Juncalillo del Sur entre l’aéroclub de Gran Canaria et Castillo del Romeral.  Vous pourrez vous garer sur un petit parking le long d’un bout de route qui monte vers le nord et qui permet de faire demi-tour sur cet axe fréquenté.  Vous trouverez la lagune au sud, près de la mer, en passant dans le matoral.

A l’intérieur de l’île, il existe des forêts d’altitude et des sentiers de randonnée qui peuvent être intéressants dans le centre et l’ouest mais nous n’avons pu y passer suffisamment de temps car en montagne on ne compte pas en km mais en temps de conduite.

C’est également dans le centre que se trouvent quelques retenues d’eau artificielles appelées Embalses où certains ornithologues ont découvert quelques oiseaux d’eau mais elles n’étaient pas toujours faciles d’accès et je ne m’y suis pas rendu.

Pour ce qui est du bord de mer, il n’est pas très riche en oiseaux.

Les oiseaux que j’ai pu voir dans les endroits que je viens de mentionner sont indiqués dans le journal de bord.

Le voyage

11.02.2017.  Nous partons de l’aéroport de Bâle – Mulhouse avec Easy-Jet.  Service minimum mais on a plus de place pour les jambes que sur certains vols d’Air France que nous avons pris par le passé.  Après environ 4 h 30 de vol nous atterrissons à l’aéroport de l’île situé entre la capitale, Las Palmas, et Maspalomas où se trouve notre hôtel.  Nous récupérons notre Opel Astra rouge pétant et une demi-heure plus tard, nous pouvons déposer nos bagages dans notre chambre très spacieuse.  En cours de route, j’ai pu observer une Hirondelle rustique, qui a d’ailleurs été la seule que j’ai vue pendant notre séjour.  Après un bon repas et un petit passage à la salle de sport, nous partons nous coucher non sans avoir déjà acheté une bonbonne de 8 l d’eau minérale.

12.02.2017. Journée de repos qui commence par un plantureux petit déjeuner car nous ne voulons pas perdre de temps dans les restaurants à midi mais désirons profiter à plein de notre demi-pension.  Nous avons décidé de visiter un peu le quartier et nous nous rendons vite sur la plage de sable en direction des dunes, faisant maints arrêts le long des boutiques pour touristes, ce qui nous  permet de constater qu’elles n’offrent pas grand-chose d’intéressant à acheter.  Le ciel est couvert et le vent souffle assez fort, à tel point que nous devons quitter la plage car le sable nous pique le visage et je crains un peu pour mon appareil photographique et mes jumelles.  Les dunes sont plus éloignées que je ne le pensais et quand quelques gouttes de pluie se mettent à tomber, nous décidons de faire demi-tour.  J’ai déjà pu remarquer que les Tourterelles turques étaient très nombreuses dans les jardins privés également visités par les Pouillots des Canaries.

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Pouillot des Canaries (Photo Gérard Joannès)

Dans la soirée, nous profitons des piscines de l’hôtel, dont celle de la Mer Morte, emplie d’eau très salée où l’on flotte sur le dos sans faire le moindre mouvement.  Cela pique un peu quand même et nous n’y restons pas plus de 10 minutes.  Nous préférons le centre de Wellness et sa piscine d’eau chaude, puis nous dinons avant de faire un petit tour en salle de sport et au bowling.

13.02.2017. Nous décidons de nous rendre à la lagune de Maspalomas, moi pour y observer les oiseaux et mon épouse et notre petite-fille pour faire un tour sur la plage et les dunes.  J’ai bien du mal à trouver une place pour me garer près du phare et ne connaissant pas bien l’endroit je me résous à utiliser l’un des parkings couverts et payants.

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Le phare de Maspalomas (Photo Danielle Joannès)

Pour ce qui est des oiseaux, l’endroit ne me déçoit pas.  Pendant que Julie et Danielle me quittent pour aller à la plage, je jette un coup d’œil dans la palmeraie toute proche où je note 2 Perroquets youyous aux couleurs magnifiques et j’entends chanter plusieurs Pouillots des Canaries, quelques Perruches à collier qui crient et 3 Conures veuves, plus ternes mais plus bruyantes encore.  Dans le ciel, depuis l’observatoire ombragé qui permet d’avoir une belle vue sur les dunes et la lagune, j’observe au moins 5 Martinets unicolores dans de bonnes conditions.  Sur la lagune elle-même, une dizaine d’Aigrettes garzettes, 5 Hérons cendrés, au moins 3 Petits Gravelots, autant de Chevaliers aboyeurs, 2 Chevaliers gambettes, un Chevalier guignette, 4 Courlis corlieux, un Bécasseau sanderling  et un peu plus tard, un groupe de 26 Grands Gravelots.  Juste à mes pieds, un énorme Lézard géant de la Grande Canarie se chauffe au soleil, nullement impressionné lors que je le prends en photo.

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Lézard géant de la Grande Canarie (Photo Gérard Joannès)

Je me promets de revenir à cet endroit et je décide de retrouver Julie et Danielle au bord de l’océan.  La température est agréable et il est bien plaisant de se reposer un peu en se dorant au soleil.

Nous reprenons ensuite la voiture pour pousser notre exploration plus loin vers l’ouest en direction de Mogan.  La route serpente dans un paysage très aride de buissons desséchés et de montages tabulaires de roches brunes.  Comme nous ne rencontrons par la suite qu’une côte défigurée par des immeubles construits n’importe où, nous retournons à Playa del Inglés.  Après le repas, nous assistons à un petit spectacle de danse de cabaret.

14.02.2017

Le temps étant un peu moins couvert, nous choisissons d’aller faire un tour dans le centre de l’île. Nous prenons la route vers le nord en direction de Fataga et faisons un premier arrêt au musée aborigène que nous ne visitons pourtant pas car nous en avons vu de semblables lors de voyages précédents dans les autres îles.  Il expose en pleine nature une reconstitution d’un village de Guanches, autrement dit des premiers habitants de la Grande Canarie.  La vue depuis cet endroit est fort belle et de petits panneaux explicatifs nous renseignent sur la végétation canarienne.

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Une vue depuis un mirador (Photo Danielle Joannès)

Tout autour de nous, on peut voir des roches rougeâtres parmi lesquelles poussent des Euphorbes canariennes qui sont de petits arbres ressemblant à des cactus en forme de chandeliers.  A Fataga, nous observons depuis la route la palmeraie de l’hôtel Molino de Agua où chantent les omniprésents Pouillots des Canaries.  Le Palmier (ou Dattier) des Canaries que l’on trouve un peu partout est l’ancêtre de tous les palmiers que l’on trouve sur la Côte d’Azur où il fut introduit à Nice en 1864.  Nous faisons quelques arrêts en cours de route, ce qui me permet d’observer quelques oiseaux communs tels que le Pipit de Berthelot, le Serin des Canaries ou la Fauvette mélanocéphale mais comme les sommets sont recouverts de nuages nous n’irons pas plus haut et bifurquons vers Santa Lucia, un beau petit village au centre duquel trône une petite église typique.

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Santa Lucia (Photo Danielle Joannès)

De nombreux Moineaux espagnols se font entendre et j’observe un superbe papillon que je reconnais immédiatement.  J’avais oublié que le Monarque ne se trouve pas qu’en Amérique.

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Monarque (Photo Gérard Joannès)

Nous redescendons peu à peu vers la côte et Julie commence à en avoir assez des centaines de virages qu’il faut négocier, même si la route vers Agüimes est fort belle.  Cette petite bourgade nous parait sympathique dès le premier abord.  Au centre des vieux quartiers se trouve l’église de San Sebastian que l’on découvre après être passé par de petites ruelles où l’on peut voir des statues de bronze représentant des scènes de la vie de tous les jours et éventuellement lire des poèmes gravés sur les murs de certains édifices.

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Une scène de la vie courante à Agüimes (Photo Danielle Joannès)

Nous buvons un excellent chocolat chaud à la terrasse d’un café nommé El Popolacho et Julie accompagne son jus d’orange d’un gâteau à la noix de coco qu’elle a bien du mal à terminer.  Nous retournons célébrer la Saint Valentin à notre hôtel en fin de soirée.

15.02.2017

Nous prenons l’autoroute parsemée de tunnels en direction de l’ouest puis la GC 200 vers Mogan.  A partir de là, la route devient très tortueuse mais la vue sur les montagnes est vraiment superbe notamment depuis le Mirador de Veneguera.  Des falaises colorées de vert, d’orange et de beige sont visibles et nous ferons un arrêt pour les voir de près à Fuente de Los Azulejos où nous achetons également des fruits sur le bord de la route.

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Fuente de Los Azulejos (Photo Danielle Joannès)

Juste au-dessus de nous, je peux observer une Pie-Grièche méridionale très légèrement différente de la nôtre car il s’agit d’une sous-espèce propre à ces régions.  Nous poursuivons ensuite notre chemin en montant toujours plus haut vers San Nicolas de Tolentino.  Il est difficile de s’arrêter sur le bas-côté de la route mais nous finissons par pouvoir le faire et j’observe alors 4 Buses variables et un Grand Corbeau.  A partir d’El Hoyo, le paysage devient franchement laid.  De nombreuses plantations de bananes sont cachées par d’horribles bâches en matière plastique et la plage de galets de Puerto de San Nicolas près de la Punta de la Aldea n’est pas très attirante.  D’après un panneau que je découvre sur place, j’apprends que le Balbuzard pêcheur niche en cet endroit mais il est trop tôt dans la saison pour le vérifier.

Quelques Pouillots des Canaries, des Moineaux espagnols et deux Monarques quand même.  J’espérais pouvoir aller jusqu’à Aguaete en passant par le parc naturel de Tamadaba mais la route est coupée et il nous faut faire demi-tour.  J’aurai quand même la chance de voir 2 Perdrix rouges traverser la route à Tocodoman, sur le chemin du retour. Nous avons le temps de visiter Puerto de Mogan et après avoir cherché en vain une place pour nous garer, nous n’avons d’autre choix que d’utiliser le parking et de payer 3 cents la minute.  Il vaut mieux avoir le change car on ne rend pas la monnaie. Malgré cela, nous avons trouvé l’endroit agréable.  Après le repas, l’hôtel nous propose un spectacle de danses espagnoles.

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Puerto de Mogan (Photo Danielle Joannès)

16.02.2017

Bien que le temps soit encore un peu couvert, nous tentons une nouvelle fois d’aller jusqu’à San Bartolomé de Tirana en espérant pouvoir enfin voir les sommets montagneux du centre de l’île.  Nous repassons par Fataga et la palmeraie de l’hôtel Molino de Agua où nous prenons le temps de faire une petite pause.  Les routes sont là aussi étroites et sinueuses et les oiseaux que nous observons sont les mêmes que précédemment.  Le ciel ne s’étant pas dégagé, nous allons donc à Santa Lucia puis Agüimes.  Julie, lassée de tous ces virages ne se sent pas très bien et nous revenons par conséquent près du phare de Melonas où, connaissant mieux les lieux, je réussis à trouver une place gratuite non loin de l’observatoire.  Alors qu’il ne faisait pas très beau en altitude, nous avons relevé 26°C sur la côte et le temps est idéal pour que Julie aille se baigner dans l’Atlantique.  Un vrai plaisir, surtout en plein hiver.

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Perroquet youyou (Photo Gérard Joannès)

En ce qui me concerne, je retrouve mes 2 Perroquets youyous sur le même palmier, et je note qu’un couple de Conures veuves niche dans un autre, tout proche et bien en vue de tous les touristes qui s’agglutinent juste au-dessous du nid pour les photographier sans que les oiseaux ne s’en soucient un seul instant.  Au sol, une Huppe fasciée cherche de quoi se nourrir.  Comme 2 jours plus tôt, la lagune est visitée par quelques limicoles et ardéidés : un Chevalier aboyeur, 6 Courlis corlieux, quelques Aigrettes garzettes et 5 Hérons cendrés.  Confortablement installé sur le banc de la plateforme d’observation, je peux également voir 4 ou 5 Grands Lézards de la Grande Canarie, tous de tailles différentes, 2 Lapins de garenne et 5 Astrilds ondulés qui sont venus boire dans une petite flaque de la lagune.  La faim se faisant ressentir, nous retournons à l’hôtel et après avoir fait quelques tours au buffet, nous pouvons écouter une chorale de 11 chanteurs espagnols qui met une superbe ambiance dans la salle.

17.02.2017

Le temps s’étant nettement amélioré nous aurions pu visiter le centre de l’île mais la succession de virages d’hier a laissé des traces dans les organismes de certains d’entre nous et, pour changer un peu, il a été décidé d’aller faire un tour dans la capitale.  Pour nous y rendre et afin d’éviter les problèmes de stationnement, nous y allons par l’autocar N°30 qui part de la gare routière toute proche et ceci pour moins de 17€, aller et retour pour trois personnes.  Ce n’est peut-être pas un mauvais plan.  Nous longeons la côte vers l’est, puis le nord en ayant largement le temps de nous désoler des horreurs que peut engendrer le développement économique qui fait vivre la population, ici comme ailleurs.  Dans la région de Vecindario et peu avant Las Palmas, ce ne sont qu’éoliennes, lignes électriques, usines, serres faites de bâches de matière plastique, grands immeubles d’habitation ou de commerce et déchets divers.

Heureusement, malgré ses 400 000 habitants, Las Palmas reste une ville agréable, au moins dans certains de ses quartiers.  Depuis la place de Santa Anna, nous avons une belle vue d’ensemble de la cathédrale que nous visitons.  Un patio ombragé grâce à ses orangers et agrémenté d’une belle fontaine nous accueille avant que nous ne visitions quelques musées dans lesquels se trouvent surtout des objets de culte et des tableaux. Quelques Martinets unicolores passent dans le ciel et 2 Faucons crécerelles s’accouplent sur une des tours. L’édifice religieux en lui-même comprend plusieurs absidioles dans lesquelles nous admirons les vitraux, modernes et anciens.  Nous ne nous attardons pas trop et ressortons pour nous rendre à la Maison de Christophe Colomb.  Le célèbre navigateur génois y a séjourné du 9 août au 6 septembre 1492 lors d’une escale pendant son premier voyage vers l’Amérique et elle a été transformée en un petit musée très bien aménagé dans lequel nous pouvons voir, entre autres choses, une reconstitution de la cabine qu’il occupait sur la Santa Maria.  Les salles offrent aux yeux des visiteurs des plafonds absolument magnifiques et des panneaux explicatifs relatent de façon très vivante la découverte de ce que Colomb pensait alors être les Indes.

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Le Musée de Christophe Colomb (Photo Danielle Joannès)

Après avoir déjeuné à la terrasse d’un petit restaurant, nous visitons une partie plus moderne de la ville et prenons beaucoup de plaisir à admirer quelques belles façades colorées et bien décorées dans la Calle Triada dont les boutiques n’ont rien à envier à celles que l’on trouve dans nos grandes villes.

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Une vue de la Calle Triada (Photo Danielle Joannès)

La ville fatiguant autant que les montagnes, nous sommes bien contents de pouvoir nous reposer un peu à l’hôtel dans la soirée.

18.02.2017

Il fait beau aussi avons-nous choisi de partir pour le centre de l’île afin de pouvoir enfin voir les cimes les plus élevées.  Nous faisons en sorte de ne pas prendre sans arrêt le même chemin et choisissons de passer par Agüimes à l’est et empruntons des routes moins fréquentées par les pelotons de cyclistes qui nous ont bien gênés les jours précédents.  Nous comprenons très rapidement pourquoi ils ne passent pas par là : ils évitent ainsi l’autoroute qui leur est interdite mais également les pentes à 15% que nous avons franchies vaille que vaille sur la route 120 entre Pasadilla et Cazadores.  Julie n’est toujours pas réconciliée avec les virages incessants mais tient bon.  L’avantage de ces raidillons, c’est qu’ils nous emmènent rapidement en des lieux où poussent les Pins des Canaries, nous offrant ainsi un paysage un peu différent ce de que nous avons connu jusqu’à présent.

  Lors d’une petite halte que je fais pour profiter de la belle vue, j’entends une Perdrix rouge chanter et je suis bien content de m’être vêtu chaudement car le vent qui est très frais souffle fort.  Lorsque nous arrivons près de l’ancien cratère de la Caldera de los Marteles, nous trouvons un endroit abrité où il est possible de se reposer en profitant de la douceur du soleil. Les randonneurs sont nombreux en ce lieu et moi aussi je fais un bout de chemin à flanc de montagne, au milieu des pins.   

J’entends un Pic épeiche, les habituels Pouillots des Canaries et une Mésange nord-africaine mais pas grand-chose à part ces oiseaux très communs. Nous poussons jusqu’au Pozo de Nieve de los Canonigos, un ancien puits de lave dans lequel des gens bien courageux se laissaient descendre afin de récolter de la neige et de pouvoir ainsi conserver leurs aliments.  L’ancêtre du réfrigérateur en quelque sorte.  Il fait d’ailleurs toujours aussi froid dès que nous sommes exposés au vent, notamment au Pico de los Nieves, le sommet de l’île qui culmine à 1920 m d’altitude. La vue est fantastique et l’on aperçoit même au loin, le sommet du mont Teide qui domine l’île voisine de Ténériffe de ses 3718 m. 

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Pouillot des Canaries (Photo Gérard Joannès)

Nous ne nous attardons pas et imaginons ce que peut être ce lieu lorsqu’il y a du vent comme aujourd’hui et qu’en plus il fait mauvais temps.  Nous reprenons la voiture et faisons une pause à Degollada Becerra, où je note 3 Grands Corbeaux et une Buse variable.  Un autre arrêt à Parador de Cruz de Tejeda ne nous retient pas très longtemps car les touristes venus en car ont envahi le site et il n’y a pas grand-chose à observer pour ce qui est des oiseaux, à part des Serins ou des Pouillots des Canaries.  Nous décidons de pousser jusqu’à Artenaria où subsistent encore des habitations troglodytes.  Dans une de ces grottes a été aménagé le musée ethnographique dans lequel on peut notamment trouver du mobilier d’époque et la visite est fort instructive.  Il nous faut à présent revenir vers l’hôtel car nous savons que la succession de virages qui nous attend nous forcera à faire quelques pauses.  Nous traversons à nouveau les pinèdes parsemées d’aires de pique-nique, très fréquentées en ce samedi.  Encore un petit arrêt pour observer le monolithe du Roque Nublo où j’observe de très près 2 Pipits de Berthelot et nous retournons à l’hôtel.

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Pins des Canaries près de Roque Nublo (Photo Danielle Joannès)

19.02.2017

Danielle et Julie ayant décidé de profiter des piscines de l’hôtel et ayant quelques courses à faire, je désire me rendre au golf de Meloneras pour d’éventuelles observations ornithologiques. Le site s’avérant être décevant de ce point de vue, je fais demi-tour et trouve par hasard une place où l’on peut se garer facilement le long du matoral situé à l’est de ce terrain de golf.  Une petite zone à peine humide est bordée de buissons bas que je souhaite prospecter.  J’y trouve les habituels Moineaux espagnols, Pipits de Berthelot mais également deux Fauvettes à lunettes et une dizaine d’Astrilds ondulés qui viennent boire dans une flaque d’eau.

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Astrild ondulé (Photo Gérard Joannès)

Posée sur sa toile, je découvre une araignée jaune et noir qui est pour cela nommée Argiope frelon, et une espèce de libellule, le Crocothemis écarlate.  Je quitte les lieux pour me rendre près du phare de Maspalomas où je vois une Huppe fasciée se  nourrir au sol et un Monarque puis je longe le terrain de golf de la même localité.  Les Martinets unicolores volent très bas et je peux les voir dans d’excellentes conditions et les distinguer ainsi nettement de possibles Martinets noirs ou pâles qui lui ressemblent fort.

Les dunes sont en principe interdites au public, sauf en certains endroits mais les touristes n’en ont cure et on en trouve un peu partout.  Il est d’ailleurs assez gênant de se promener avec un appareil photographique et des jumelles autour du cou car on y trouve plus de nudistes que d’oiseaux.  Un Faucon crécerelle me survole à quelques mètres seulement et les Pigeons bisets domestiques tout comme les Tourterelles turques viennent picorer le crottin des dromadaires qui trimballent les touristes.

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Faucon crécerelle (Photo Gérard Joannès)

Je décide de faire encore une fois un tour à la lagune.  Comme les autres jours, je vois les Perroquets youyous, les Conures veuves, les Perruches à collier et les Lézards géants de la Grande Canarie mais il y a davantage d’oiseaux sur la lagune elle-même.  Les Goélands leucophées sont un peu plus nombreux et il y a deux goélands qui m’intriguent.  En les détaillant avec mes jumelles, je trouve un Goéland brun et surtout un Goéland d’Audouin qui est un laridé nettement plus rare, même ici.

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Goéland d’Audouin (Photo Gérard Joannès)

Je retrouve donc mes baigneuses et chacun ayant passé une bonne journée, tout le monde est de fort bonne humeur.

20.02.2017

La veille, j’ai rencontré un Anglais qui m’a signalé la présence dans la région d’un Grèbe à bec bigarré, une espèce américaine évidemment très rare sur l’île.  Cet oiseau se trouvait sur un petit plan d’eau près d’un lieu-dit nommé Matoral, du côté de la prison.  Je me rends donc sur place et je trouve effectivement la prison mais pas le plan d’eau.  Pour me simplifier la tâche, la route principale est bloquée par des travaux et je suis obligé de faire bien des détours pour que je puisse poursuivre mes recherches.  En m’engageant sur de petites routes défoncées, je finis par me trouver au milieu de maisonnettes délabrées pas très engageantes, puis devant une impasse.  Il ne me reste plus qu’à rebrousser chemin, une fois de plus.  J’ai quand même la chance de découvrir une Pie-grièche méridionale et quelques Pipits de Berthelot.

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Pipit de Berthelot (Photo Gérard Joannès)

Au large, environ 400 Goélands leucophées se reposent sur la mer et je ne serais pas surpris que certains d’entre eux se fassent hacher menu par les nombreuses éoliennes qui sont dressées en ce lieu.  En cherchant encore, je trouve un endroit où me garer dans la région de Juncalillo del Sur et je marche jusqu’au bord de mer.  C’est ainsi que je tombe par hasard sur une lagune convertie en zone protégée, malheureusement vide d’oiseaux.  Même pas un seul Grèbe à bec bigarré !  Je reviens donc à l’hôtel et nous repartons pour la plage près du phare à Meloneras.  Comme il n’y a pas grand-chose de neuf du côté de la lagune, je rejoins très vite  Danielle et Julie qui prend un plaisir évident à se baigner et à sauter dans les vagues.

21.02.2017

C’est notre dernier jour sur place aussi en profitons nous pour utiliser une fois de plus les superbes installations de la salle de sport et les piscines dont l’eau a une température qui me convient bien plus que celle de l’océan.  L’après-midi, nous retournons à Puerto de Mogan où nous rencontrons les mêmes problèmes de stationnement que précédemment.  En dépit de cela, nous passons un moment agréable à flâner  un peu dans les boutiques, puis nous prenons un repas à la terrasse d’un restaurant avant de rentrer un peu plus tard pour faire nos bagages.

22.02.2017

Nous avons décidé de nous lever à 6 h car nous devons encore faire le plein de carburant et rendre la voiture avant de prendre l’avion.  Le petit déjeuner que nous prenons à l’aéroport est moins copieux que les autres jours !  Un peu plus de quatre heures plus tard, nous retrouvons le ciel gris de la France en nous disant qu’il faudra revenir aux Canaries l’an prochain à la même époque.

Espèces animales observées

  • Oiseaux :
01 Perdrix rouge Alectoris rufa Deux individus traversant la route et un chanteur en altitude.
02 Aigrette garzette Egretta garzetta Commune
03 Héron cendré Ardea cinerea Commun.
04 Buse variable Buteo buteo Quelques individus en montagne.  Un seul sur la côte.
05 Faucon  crécerelle Falco tinnunculus Commun.  Il m’a semblé plus coloré que celui qu’on rencontre en France.
06 Gallinule Poule-d’eau Gallinula chloropus 2 ou 3 individus.
07 Petit Gravelot Charadrius dubius Quelques-uns.
08 Grand Gravelot Charadrius hiaticula Une troupe de 26 ensemble.
09 Bécasseau sanderling Calidris alba Un seul individu observé.
10 Chevalier guignette Actitis hypoleucos Deux individus seulement.
11 Chevalier gambette Tringa totanus Trois individus seulement.
12 Chevalier aboyeur Tringa nebularia Trois individus seulement.
13 Courlis corlieu Numenius phaeopus Commun.  Jusqu’à 10 ensemble.
14 Goéland leucophée Larus michahellis Environ 400 posés en mer au large de Vecindario.  A part cette observation, les oiseaux sont vus en très petits groupes.
15 Goéland d’Audouin Larus audouinii Rare. Un subadulte observé une fois à la lagune de Maspalomas.
16 Goéland brun Larus fuscus Un individu observé une fois à la lagune de Maspalomas.
17 Pigeon biset Columba livia Individus domestiques mais peut-être quelques sauvages vus en montagne.
18 Tourterelle turque Streptopelia decaocto Très commune.
19 Martinet unicolore Apus unicolor Assez commun et bien observable au-dessus des dunes de Maspalomas.
20 Huppe fasciée Upupa epops Deux individus observés seulement.
21 Pic épeiche Dendrocopos major Entendu à trois reprises en montagne.
22 Hirondelle rustique Hirundo rustica Un individu observé depuis la voiture le premier jour.
23 Pipit de Berthelot Anthus berthelotii Commun en différents milieux rocheux ou désertiques.
24 Merle noir Turdus merula Commun.  J’ai trouvé que son cri d’alarme était plus aigu que celui de chez nous.
25 Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla Quelques chanteurs.
26 Fauvette mélanocéphale Sylvia melanocephala Quelques individus.
27 Fauvette à lunettes Sylvia conspillata Deux individus observés dans le matoral près de Meloneras.
28 Pouillot des Canaries Phylloscopus canariensis Très commun.  Quelques chants assez proches de celui du Pouillot véloce mais d’autres nettement différents.
29 Mésange nord-africaine Cyanistes teneriffae Espèce type.  Assez commune et avec un chant très différent de la Mésange bleue.
30 Pie-grièche méridionale Lanius meridionalis Sous espèce koenigi.  Observée à deux reprises seulement.  Un anglais a vu un autre individu dans les dunes de Maspalomas.
31 Grand Corbeau Corvus corax Quelques individus vus en montagne.
32 Moineau espagnol Passer hispaniolensis Très commun.
33 Chardonneret élégant Carduelis carduelis Assez commun.
34 Serin des Canaries Serinus canaria Très commun.
35 Perruche à collier Psittacula krameri Quelques individus observés dans les palmeraies de Maspalomas.
36 Conure veuve Myiopsitta monachus Quelques individus observés dans les palmeraies de Maspalomas. Un nid occupé dans un palmier.
37 Perroquet youyou Poicephalus senegalus Un couple observé à plusieurs reprises sur le même palmier à Maspalomas.
38 Astrild ondulé Estrilda astrild Quelques individus proches de points d’eau à Maspalomas et Meloneras.
  • Autres espèces animales :

Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) : au moins deux individus observés près de la lagune de Maspaloma.

Lézard géant de la Grande Canarie (Gallotia stehlini) : plusieurs individus le long de la plateforme d’observation de la lagune de Maspalomas.

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Lézard géant de la Grande Canarie (Photo Gérard Joannès)

Lézard sp. : peut-être un Lézard des murailles qui se glisse sous la porte d’un bâtiment à Las Palmas.

Monarque (Danaus plexippus) : ce papillon migrateur très connu vit en Amérique mais également aux îles Canaries.  Vu assez souvent à l’unité.

Vulcain (Vanessa atalanta) : ce papillon a été vu une fois en vol.

Cuivré commun (Lycaena phlaeas) : encore un papillon.  Photographié en montagne et déterminé par Patrick Kern.  Merci à lui.

Piéride sp. : quelques papillons observés à plusieurs reprises mais je n’ai pas cherché à les photographier et je n’ai pu les identifier.

Crotothémis écarlate (Crocothemis erythraea) : cette odonate une femelle a été photographiée près du terrain de golf de Meloneras et déterminée par Joss Deffarges.  Merci à lui.

Anax empereur (Anax imperator) : un autre odonate.  Vu en vol à la lagune de Meloneras.

Argiope frelon (Argiope bruennichi) : cette grosse araignée a été observée près du terrain de golf de Meloneras.

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