Québec et Ontario 2005

11 juillet 2005.

Nous partons de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle avec la compagnie Air Transat et dès le départ, nous sentons un petit air du Canada puisque nous voyageons dans le même avion que le chanteur québécois Robert Charlebois. Le vol se passe bien mais nous sommes un peu déçus par les services proposés par la compagnie que nous avons choisie. Après un peu plus de 6 h de trajet, nous atterrissons à Montréal et prenons le taxi jusqu’à l’hôtel Saint-André. Il est confortable et bien situé si l’on veut visiter la ville même si ce n’est pas un palace.

 

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Goéland à bec cerclé (Photo Gérard Joannès)

 

12 juillet.

Il fait chaud et humide et nous sommes contents de pouvoir marcher à l’ombre des arbres du Parc du Mont Royal où à peine entré, j’ai la chance de pouvoir photographier une jeune Buse à Queue rousse. De nombreuses personnes font du footing malgré la chaleur et comme nous ne voulons pas faire comme elles dans les rues de la ville, nous allons nous réfugier dans la ville  » souterraine ». Il s’agit d’un ensemble de magasins situés sous terre où il ne fait pas trop chaud en été ni trop froid en hiver. D’après ce qu’on nous a dit, des températures de – 30° C sont chose courante ici en janvier. Les vitrines sont splendides et les boutiques sont nombreuses. Un vrai bonheur pour les dames et il y en a pour tous les goûts.

 

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Buse à queue rousse (Photo Gérard Joannès)

 

13 juillet.

Nous passons cette journée à nous promener dans les rues, notamment dans le vieux Montréal qui offre une architecture totalement différente de ce que nous avons pu voir la veille près du centre de la ville où les grands bâtiments modernes se côtoient comme dans les mégalopoles des USA. Il faut reconnaître que si nous avons pris du plaisir à lever les yeux pour regarder les gratte-ciel, nous avons eu une petite préférence pour les ruelles, les places et les petits restaurants de la rue Saint-Paul ou du quartier du Petit Champlain. La vieille ville est très animée et de tous côtés on peut assister à des spectacles de rues. Il y a des mimes, des orchestres, des badauds et on ne cesse de vous inviter à venir manger dans tel ou tel restaurant. C’est aussi le moment d’aller voir les boutiques de souvenirs où l’on trouve de tout, des objets les plus « kitsch » aux véritables œuvres d’art. Il est bien dommage que les premiers soient plus faciles à emmener dans une valise que les seconds!

 

 

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Un grand magasin à Montréal (Photo Gérard Joannès)

 

14 juillet.

C’est notre fête nationale et nous la passerons en compagnie d’un des meilleurs ornithologues du Québec en la personne de Michel Bertrand. J’ai pu observer bien des oiseaux qui me seraient restés inconnus sans son aide précieuse. Il connaît les lieux propices et sait vous indiquer le détail à noter pour ne pas confondre telle espèce avec telle autre qui lui ressemble. Lorsqu’il ne sera plus avec nous par la suite, ses informations me seront d’une grande utilité. Merci à toi, Michel.

Nous sommes allés jusqu’à la frontière des USA en faisant des pauses ici et là, toujours dans l’espoir de découvrir une espèce nouvelle pour moi. Je n’ai pas été déçu. Il faisait plus de 30°C, le taux d’humidité était très élevé et il y avait aussi quelques  » maringouins « , autrement dit des moustiques, qui venaient nous harceler de temps à autre mais cela n’avait guère d’importance. Je garde un bon souvenir des Bécassins à Bec court, des Chevaliers criards posant à côté des Petits Chevaliers pour qu’on puisse bien les comparer mais ce sont surtout la Paruline flamboyante, le Tohi à Flancs roux et le Passerin indigo qui m’émerveilleront tant ils sont beaux. Il y avait aussi toutes sortes de Bruants que j’avais un peu de mal à ne pas confondre sur le moment et les Troglodytes qui ne voulaient pas se montrer. Nous avons quand même fini par les voir grâce à la ténacité de Michel et avons aussi eu la chance de voir des Goglus des Prés et des Cardinaux à Poitrine rose. Notre sortie ornithologique s’est achevée au parc régional du canal de Beauharnois avec une vue saisissante d’une grosse colonie de Grands Hérons.

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Marais du Beauharnois (Photo Gérard Joannès)

 

15 juillet.

Nous prenons le train pour Toronto et nous sommes enchantés du voyage. On s’occupe ici des usagers du train comme on le fait pour les passagers d’un avion. On fait passer les personnes âgées ou handicapées d’abord et nous n’avons pas eu de bagages à transporter puisqu’ils voyageaient dans un compartiment spécial. Personne n’attend sur le quai mais comme il se doit, dans une salle d’attente et tout le monde fait la queue pour entrer dans le train. Pas de bousculade ni de cohue. Bien sûr les trains sont un peu plus lents que chez nous et le paysage entre Montréal et Toronto est assez monotone mais nous sommes en vacances. Tout en sirotant un café, je regarde par la fenêtre et j’observe un Balbuzard pêcheur sur un arbre dans un marais et une Sterne caugek sur le Saint-Laurent. Une fois arrivés sur place, nous nous rendons à l‘Hôtel Bond Place, situé au centre-ville, dans un quartier très animé.

 

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Un  grand magasin à Toronto (Photo Gérard Joannès)

 

16 juillet.

 Le site le plus visité par les touristes à Toronto est sûrement la tour CN. C’est une pointe de béton qui s’élève à 553 m d’altitude et même 625 m si l’on inclut l’antenne. Nous nous contenterons d’aller dans la nacelle située à 346 m, d’où l’on a une très belle vue sur la ville et où il est possible de marcher sur un plancher de verre. Abstenez-vous de le faire si vous avez le vertige ! Après cette visite, nous flânons dans les rues et « magasinons » comme on dit au Québec. La différence avec Montréal est visible et audible. Ici, il n’y a que de grands bâtiments, qui ne sont pas forcément laids, et on ne parle plus français.
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La tour CN (Photo Gérard Joannès)

 

17 juillet.

 Si nous sommes venus à Toronto, c’est surtout pour pouvoir aller voir les chutes du Niagara. Nous avons réservé nos places dans un car et suivons d’autres touristes. En cours de route, une violente averse viendra rafraîchir un peu l’atmosphère mais arrivés à Niagara Falls, il fera encore très chaud. Je m’attendais à être un peu déçu par les chutes qui ont tellement été filmées que tout le monde a l’impression d’y être allé dans une autre vie. Il n’en a rien été et la promenade sur le  » Maid of the Mist  » jusqu’aux pieds des chutes restera un moment fort de ce voyage. Ici, c’est la destination préférée des jeunes mariés mais il y a bien d’autres touristes. Outre les chutes, j’observe avec surprise 4 Faucons pèlerins qui volent au-dessus de la rivière à la recherche d’une proie, ou tout simplement pour s’exercer, car il y a au moins 2 jeunes. L’excursion se poursuivra jusqu’à la charmante ville de Niagara-on-the-Lake qui a gardé un cachet typiquement britannique. Juste le temps de manger une bonne glace et il faut repartir pour Toronto.
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The Maid of the Mist (Photo Gérard Joannès)

 

18 juillet.

 Nous reprenons le train pour Montréal où nous arriverons en fin d’après-midi. Le soir, visite de la vieille ville.
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Une église comme on en voit beaucoup au Québec (Photo Gérard Joannès)

 

19 juillet.

 Je prends possession de la voiture de location. On m’a octroyé une Ford Explorer 4 X 4 entièrement automatique et il me faut, comme d’habitude, quelques km pour m’y habituer. Le paysage jusqu’à Québec ne présente pas grand intérêt si ce n’est le Saint-Laurent qui devient de plus en plus large. Quelques km plus loin, à Deschambault, je rencontre 2 ornithologues locaux qui me font savoir qu’il y a 12 Pygargues à tête blanche sur le site. J’ai le bonheur d’en voir 4 dans leur longue-vue et nous sympathisons très rapidement car la passion des oiseaux ne connaît pas de frontières. Ils me donneront quelques détails sur le site des marais de Léon Provencher à Neuville où nous nous rendons. C’est là que je coche le Canard carolin et le Canard noir. Je serai bien encore resté un peu sur le site mais nous avons réservé une chambre à l’Hôtel du Gouverneur à Sainte-Foy, dans la banlieue de Québec où nous mangerons, entre autres choses, d’excellentes moules à la moutarde que nous prépare le chef pendant que nous discutons avec lui. Nous avons passé d’excellents moments dans cet établissement qui offre un excellent buffet et comme il est très facile de prendre le bus pour aller à Québec, je rends ma voiture de location.
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Le Parlement à Québec (Photo Gérard Joannès)

 

20 juillet.

 Nous prenons grand plaisir à nous promener dans les ruelles de la vieille ville et faisons une visite guidée du Château Frontenac qui est en fait un hôtel de luxe que fréquentent les célébrités du monde entier. Le bâtiment est superbe vu de l’extérieur et le hall d’entrée plaisant mais je n’ai pas été époustouflé par l’aménagement intérieur de l’établissement.
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Le Château Frontenac (Photo Gérard Joannès)

 

21 juillet.

 Encore une journée de visite avec le spectacle de la relève de la garde et la visite de la résidence du Gouverneur. L’extérieur de ce bâtiment est banal mais l’intérieur vaut le détour, tant pour les yeux que pour l’esprit car outre du mobilier de classe, il abrite aussi de nombreuses œuvres d’art. En sortant, je goûte une bonne  » queue de castor  » (une pâtisserie locale) sur la terrasse Dufferin. La vue sur le Saint-Laurent est magnifique et le temps est toujours au beau.
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Goéland à bec cerclé (Photo Gérard Joannès)

 

22 juillet.

 Je récupère la voiture de location et c’est encore un 4 X 4 de taille moyenne qu’on me donne à la place du véhicule plus petit que j’avais demandé. Nous faisons d’abord un arrêt au Cap Tourmente à Saint-Joachim, qui est un site très connu à cause des milliers d’Oies des Neiges qui y font une halte migratoire. Peu d’oiseaux sont présents sur le site mais on nous a signalé un Ours noir. Nous aimerions bien le voir et on nous donne force conseils sur ce qu’il faut faire pour ne pas le surprendre et se faire attaquer. L’ennui, c’est qu’il faut beaucoup de chance pour le voir sans le surprendre ! L’oreille aux aguets et les yeux furetant de tous les côtés, nous marchons sur les sentiers du parc mais nous ne verrons pas notre plantigrade. En revanche, je vois un Colibri à Gorge rubis qui vient se nourrir à la maison du parc, un Moucherolle à Ventre jaune, des Goglus des Prés et même un Pygargues à tête blanche et cela me console un peu. Le soir, nous arrivons à Saint-Siméon, à l’entrée du parc marin du Saguenay Saint-Laurent où l’observation des baleines est la plus facile. En nous promenant le soir sur une jetée, nous aurons d’ailleurs la chance de voir quelques Petits Rorquals ainsi que des Phoques gris.
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Phoque gris (Photo Simone Girault)

À partir de cette date, nous n’avons plus réservé d’hôtels mais nous n’aurons jamais de mal à en trouver car nous commençons nos recherches suffisamment tôt pour ne pas être pris au dépourvu.

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Bernache du Canada (Photo Simone Girault)

 

23 juillet.

 Nous quittons Saint-Siméon et partons faire le tour du fjord du Saguenay en passant par Chicoutimi. La végétation à présent plus nordique et les forêts s’étendent de chaque côté de la route. J’espère voir quelques rapaces mais ils ne se montrent pas facilement. Les Porcs-épics, en revanche sont faciles à voir … à l’état de cadavre sur la chaussée. En cours de route, j’observe une vingtaine de Garrots albéoles (Petits Garrots) et même un Saumon de l’Atlantique qui ne se laissera pas prendre malgré les efforts d’un pêcheur à la mouche local. La route monte et descend sans cesse en se tortillant au milieu des forêts de conifères parsemées de tourbières. Le soir, nous dormirons à Tadoussac dans le motel de l’Anse à l’Eau après avoir visité le centre d’interprétation de la faune marine. Si vous voulez manger des plats typiquement canadiens et avoir éventuellement une belle vue sur le fleuve, allez au Bateau où vous trouverez un buffet libre-service de bonne qualité à un prix très abordable.
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Dans le Parc du Saguenay (Photo Gérard Joannès)

 

24 juillet.

 Tadoussac est une petite ville agréable et très touristique. Il y a là un très bel hôtel rouge et blanc qui porte le nom de la ville et que l’on ne peut manquer. C’est aussi non loin de là que partent la plupart des touristes qui veulent voir des baleines. Forcément, les prix y sont plus élevés qu’ailleurs. Un arrêt au bord du Saint-Laurent nous permet de voir une bonne dizaine de Bélougas dans de bonnes conditions mais nous décidons de remettre l’observation des cétacés à plus tard car nous sommes très désireux de voir la Gaspésie et prenons donc le traversier qui mène jusqu’à Rivière-au-Loup, sur la rive sud du fleuve. Après quelques km de routes plutôt monotones, nous nous trouvons dans le parc du Bic qui est un endroit très réputé et où il nous sera difficile de trouver un hébergement. Nous avons été un peu déçus par les paysages tant vantés de la Gaspésie et regrettons déjà la Manicouagan de l’autre côté du fleuve. Les beaux sites seront probablement pour plus tard.

 

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Bélouga (Photo Simone Girault)

 

 

25 juillet.

 Il fait à présent plus frais et il est même tombé quelques gouttes. Nous continuons à longer le fleuve pour faire le tour de la péninsule en faisant des arrêts ici et là. J’observe quelques Bécasseaux minuscules, des Plongeons imbrins, un Bécasseau semipalmé et beaucoup d’Eiders à Duvet et de Guillemots à Miroir. Le soir, en revenant du restaurant à Sainte-Anne des Monts, j’entends un bruit régulier venant d’une de mes roues et je m’arrête aussitôt. En inspectant mes pneus, je trouve une belle vis déjà à moitié enfoncée dans l’un d’eux. Heureusement, il n’y aura pas davantage de dégâts grâce à l’épaisseur de la gomme. Cette fois-ci, j’ai vraiment été content d’avoir un gros 4 X 4.
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Un des nombreux lacs du Québec (Photo Gérard Joannès)

 

26 juillet.

 Nous quittons la côte pour quelques heures et décidons de faire un tour dans le parc national de la Gaspésie et plus particulièrement dans la réserve faunique des monts Chic-Choc. Nous aimerions bien voir de l’Ours noir, du Caribou ou de l’Orignal mais après avoir suivi une piste de terre et de pierres pendant plus de 30 km sans voir âme qui vive ou presque, nous décidons de revenir en des lieux plus civilisés. La mésaventure de la veille et l’impossibilité de joindre quiconque par téléphone nous rendent prudents. Nous verrons quand même plusieurs Tamias rayés, une Marmotte commune (différente de notre Marmotte des Alpes), un Canard carolin et une Gélinotte huppée qui attendait avec impatience que ses 11 petits traversent la piste devant notre voiture. Le soir, après avoir gravi des pentes à près de 15% nous arrivons à Rivière-au-Renard où nous passerons la nuit au « Caribou », un très beau motel avec vue sur le Saint-Laurent dont on distingue à peine la rive nord. Le soir des centaines de Fous de Bassan et de Mouettes tridactyles longent la côte en direction de leurs sites de nidifications.
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Fou de Bassan (Photo Simone Girault)
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Réserve faunique des Chic-Choc (Photo Danielle Joannès)

 

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Barrage de Castors (Photo Danielle Joannès)

 

27 juillet.

 Il ne fait pas très beau et le temps est à présent plus frais. Nous sommes à la pointe de la Gaspésie et visitons le Parc Forillon. Le paysage est enfin à la hauteur de nos espérances avec des falaises vertigineuses qui tombent dans l’Atlantique. Depuis l’une d’entre elles je vois mes premières Mouettes de Bonaparte et un Phoque Veau-marin. Un peu plus loin, un Porc-épic sort tranquillement d’une prairie et traverse gauchement la route à 2 m de moi. Nous poursuivons jusqu’à Percé où nous observons son célèbre rocher fendu. J’ai la chance de voir plusieurs Pingouins torda et un Macareux Moine. Nous aimerions aussi aller faire un tour sur l’île Bonaventure pour observer ses milliers de Fous de Bassan mais la route est encore longue d’autant plus que nous avons décidé de revenir dans la Manicouagan pour voir l’Ours noir et les baleines. Le soir, à peine installés dans un restaurant de Port Daniel qui donne sur la mer, j’observe trois Macreuses à Front blanc, un Grèbe jougris et deux Plongeons imbrins.
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Phoques Veaux-marins (Photos Simone Girault)

28 juillet.

 Après un copieux brunch, nous reprenons la route et sommes à présent sur le chemin du retour car nous n’irons pas plus à l’est. Depuis le Mont Saint-Joseph à Carleton, nous avons une magnifique vue sur la Baie des Chaleurs et le Nouveau-Brunswick. Nous allons aussi faire un tour sur la presqu’île de Miguasha qui est mondialement connue pour sa falaise de fossiles mais nous ne nous y arrêtons que peu de temps. Sur un banc de sable, j’observe quand même un Pluvier argenté et 4 Pluviers semipalmés ainsi que d’autres limicoles. C’est l’anniversaire du  » Grand Dérangement  » qui a vu le déplacement forcé de milliers de Français de l’époque et les drapeaux acadiens, pareils au drapeau français avec une étoile dans la partie bleue, flottent sur bien des édifices.
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Dans le Manicouagan (Photo Danielle Joannès)

 

29 juillet.

 Nous longeons la rivière Matapedia pour revenir sur la côte sud du Saint-Laurent en faisant des arrêts pour observer quelques ponts couverts avant de reprendre le traversier qui part de Matane pour arriver à Baie Comeau. La réservation de notre chambre que j’avais faite par téléphone n’a pas été enregistrée mais nous réussissons quand même à trouver de quoi nous loger. Il y a des motels où l’on est négligent mais où on ne perd pas le sourire pour autant et tout s’arrange.
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Un pont couvert (Photo Danielle Joannès)

 

30 juillet.

 Il fait frais mais le temps est beau et j’en profite pour aller observer les oiseaux avant le petit déjeuner, qui n’a rien de petit ici, ni au sens propre, ni au sens figuré puisqu’il s’appelle le « déjeuner ». Au bord d’un surplomb rocheux, je vois une Paruline à Joues grises et deux Bruants à Gorge blanche. Ce dernier est un oiseau assez commun ici si l’on se fie à son chant qui est un sifflement très mélodieux et que l’on entend assez souvent. Afin de profiter de cette belle région, nous allons faire un tour dans le Parc aux Outardes, qui est le nom que l’on donne ici aux Bernaches du Canada. Nous y observons un Écureuil roux qui est nettement plus petit que notre Écureuil commun et bien qu’on m’ait dit à l’entrée qu’il n’y avait pas d’Ours noirs dans le parc, je trouve un tronc complètement écorcé sur près d’un mètre de hauteur. Un autre guide rencontré pendant notre promenade, finit par m’avouer qu’un ours a bien été vu dans le parc 3 jours auparavant. Manifestement, on ne veut pas inquiéter les visiteurs. Nous prenons ensuite la route 389 qui file plein nord vers le Labrador et Terre-Neuve qui se situent 500 km plus loin, jusqu’au barrage hydro-électrique de Manic 2. Nous avions pris rendez-vous avec un guide qui assure pouvoir faire voir des ours aux touristes, sans danger. Je me doute bien qu’ils sont appâtés mais l’envie de les voir dans leur milieu naturel est trop forte et nous le suivons. Nous en verrons enfin, et nous aurons ainsi appris qu’ils se méfient de l’homme, mais qu’ils sont extrêmement forts et rapides et peuvent donc être dangereux s’ils sont approchés sans précaution.
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Ours noir (Photo Danielle Joannès)

 

31 juillet.

 La journée commence par une attaque d’un Faucon émerillon. Il pique sur moi alors que je ne suis manifestement pas sur un site où il niche puisque je me trouvais au même moment hier sans que je n’aie déclenché aucune réaction de la sorte. Cet individu se fera d’ailleurs lui-même chasser par un congénère dans les minutes qui suivront cet assaut. Après le petit déjeuner nous quittons Baie Comeau pour aller jusqu’à Tadoussac. En cours de route, un Grand Pic passe devant la voiture mais je n’ai le temps de le voir que pendant une ou deux secondes. Dommage! En faisant une halte en cours de route j’ai la chance d’approcher des Bécasseaux semipalmés et des Pluviers semipalmés. L’observation aux jumelles est très bonne mais ma longue-vue, laissée à la maison pour des raisons d’encombrement, me manque.

1 août.

 Pas de chance ! Le jour où nous allons voir les baleines, il pleut, il fait nettement plus frais et il y a même du brouillard sur le fleuve. Heureusement que nous nous sommes bien habillés car le zodiac fonce sur l’eau et la pluie nous cingle le visage. La brume finit par se lever tout doucement et nous pouvons enfin voir nos cétacés d’un peu plus près que ceux que nous avions vus depuis la rive. Nous verrons quelques Petits Rorquals, deux ou trois Rorquals communs, nettement plus grands, des Marsouins mais les Bélougas ne se laissent pas approcher en zodiac. Inutile de faire cette sortie si vous ne tenez pas à voir le Rorqual commun car avec une bonne paire de jumelles, vous verrez aussi bien les Petits Rorquals de la côte. Nous partons ensuite à la recherche de la Baleine bleue qui a été vue les jours précédents mais elle ne se montrera pas. Frigorifiés, mais contents tout de même, nous reprenons notre voiture et roulons jusqu’à Québec où nous logerons dans un motel de la banlieue.
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Petit Rorqual (Photo Gérard Joannès)

 

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Rorqual commun (Photo Gérard Joannès)

 

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Rorqual commun dont on devine le souffle (Photo Gérard Joannès)

 

2 août.

Nous ne nous attardons pas à Québec et revenons à Montréal par la rive sud du fleuve et rendons notre voiture. Nous logeons au même hôtel que précédemment et il nous reste quelques heures que nous passerons dans les quartiers historiques. Un violent orage éclate pendant que nous visitons l’Hôtel de Ville. Le soir, nous apprendrons qu’un autre orage a éclaté à la même heure sur Toronto au moment où un avion en provenance de Paris se posait puis terminait sa course hors de la piste où il s’est enflammé. Heureusement, il n’y a eu aucune victime. Fatalistes, nous nous disons que les accidents d’avions sont rares et que rien ne nous arrivera le lendemain, quand il faudra rentrer en France.
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Montréal (Photo Danielle Joannès)

 

3 août.

 Il nous reste une demi-journée au moins pour profiter encore un peu de notre séjour, aussi décidons-nous de repartir pour le Mont-Royal. Les Écureuils gris sont toujours aussi familiers et espèrent recevoir à manger dès qu’ils voient quelqu’un s’asseoir sur un banc. Dans un petit sentier de traverse, en plein bois, je coche le Pioui de l’Est qui vient se percher sur une branche pour attraper de petits insectes juste en face de moi. Non loin de lui, un Pic chevelu visite le même tronc que 2 Grands Pics que j’ai à présent tout le loisir d’observer. Les bouts de bois volent sous les coups de leur bec puissant et les nombreux trous dans les arbres pourris dans les environs m’indiquent que je suis là sur leur territoire habituel.
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Ecureuil gris (Photo Simone Girault)

La chaleur est à nouveau pesante quand nous nous retrouvons dans le centre-ville au milieu des grands édifices de béton et de verre. La cathédrale Marie Reine du Monde nous offre un peu de fraîcheur avant notre retour à l’hôtel d’où nous partirons pour l’aéroport. Les gens consultent sans rien dire les journaux qui parlent de la catastrophe aérienne.

4 août.

 Après environ 6 h 30 de vol, nous sommes de retour à Paris où nous retrouvons sans trop de plaisir les râleurs, la cohue et le tohu-bohu de notre capitale.

Pour identifier les oiseaux, j’ai utilisé le « Field Guide to the Birds of North America » publié par la National Geographic Society et le « Guide d’Identification des Oiseaux du Québec et des Maritimes » de Jean Paquin et Ghislain Caron publié aux éditions Michel Quintin. Ce dernier livre, qui est vendu avec un CD des chants d’oiseaux, est plus pratique sur le terrain car il se limite aux espèces que l’on peut voir dans cette région. Il a de plus une couverture plastifiée qui est très pratique sur le terrain.

Liste des espèces observées :

001 Plongeon huard ; Plongeon imbrin Gavia immer Plus commun que je ne le croyais.
002 Cormoran à aigrettes Phalacrocorax auritus Commun.
003 Grèbe jougris Podiceps griseigena Un individu vu à Newport, depuis la salle à manger d’un restaurant.
004 Grèbe à bec bigarré Podilymbus podiceps Assez commun.
005 Pingouin torda Alca torda Quelques individus observés à Percé.
006 Guillemot à miroir Cepphus grylle Commun vers l’embouchure du fleuve.
007 Macareux moine Fratercula artica Un immature observé en vol à Percé.
008 Macreuse à front blanc Melanitta perspicillata 3 individus observés seulement.
009 Eider à duvet Somateria mollissima Très commun à l’embouchure du fleuve.
010 Grand Harle ; Harle bièvre Mergus merganser Assez commun.
011 Garrot à oeil d’or Bucephala clangula Une femelle dans le port de Rivière-au-Renard.
012 Petit Garrot ; Garrot albéole Bucephala albeola Rare. Une petite troupe vue à La Baie, dans le Saguenay.
013 Bernache du Canada Branta canadensis Vue notamment dans le Parc aux Outardes.
014 Canard noir Anas rubripes Quelques-uns. Il n’est certainement pas noir!
015 Canard chipeau Anas strepera Quelques-uns.
016 Canard colvert Anas platyrhynchos Très commun.
017 Canard branchu ; Canard carolin Aix sponsa Assez commun.
018 Gallinule Poule-d’eau Gallinula chloropus Quelques individus.
019 Foulque d’Amérique Fulica americana Ne vous attendez pas à en voir autant que notre Foulque macroule (Fulica atra)! Vu à une seule reprise depuis le train.
020 Grand Héron Ardea herodias Assez commun.
021 Grande Aigrette Casmerodius albus Un individu vu à Saint-Pierrey.
022 Héron vert Butorides virescens Petit héron assez commun.
023 Bihoreau gris Nycticorax nycticorax Vu à 2 ou 3 reprises.
024 Pluvier argenté Pluvialis squatarola Un individu seulement.
025 Pluvier semipalmé Charadrius semipalmatus Quelques-uns. Ressemble beaucoup à notre Grand Gravelot (Charadrius hiaticula).
026 Pluvier kildir ; Gravelot kildir Charadrius vociferus Assez commun.
027 Courlis corlieu Numenius phaeopus Un individu en migration sur une vasière du Saint-Laurent.
028 Grand Chevalier ; Chevalier criard Tringa melanoleuca Assez commun.
029 Petit Chevalier Tringa flavipes Assez commun.
030 Chevalier grivelé Actitis macularia Limicole assez fréquent.
031 Maubèche des champs Bartramia longicauda 4 individus vus dans un champ.
032 Bécassin roux ; Bécassin à bec court Limnodromus griseus 2 individus observés sur une rivière près de Montréal.
033 Tournepierre à collier Arenaria interpres Vu à une seule reprise.
034 Bécasseau minuscule Calidris minutilla Quelques individus vus à plusieurs reprises sur des vasières.
035 Bécasseau semipalmé Calidris pusilla Quelques-uns. Ressemble beaucoup au Bécasseau minuscule.
036 Fou de Bassan Morus bassanus Très commun à l’embouchure du fleuve.
037 Mouette tridactyle Rissa tridactyla Assez commune près des falaises de la Gaspésie.
038 Mouette de Bonaparte Larus philadelphia Vue surtout dans le Parc de Forillon et dans la région de Tadoussac.
039 Goéland à bec cerclé Larus delawarensis Très familier et présent partout.
040 Goéland d’Amérique Larus smithsonianus Commun vers l’embouchure du fleuve.
041 Goéland marin Larus marinus Assez commun à l’embouchure du fleuve.
042 Sterne pierregarin Sterna hirundo Quelques individus.
043 Sterne caspienne Hydroprogne caspia Un individu sur le Saint-Laurent.
044 Guifette noire Chlidonias niger Une colonie près de Montréal.
045 Urubu à tête rouge Cathartes aura De plus en plus commun. Sa façon de planer avec les ailes bien relevées est typique.
046 Pygargue à tête blanche Haliaeetus leucocephalus Vu à 3 ou 4 reprises. Jusqu’à 12 individus présents à Deschambault.
047 Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus Un individu sur un marais et un autre sur le Saint-Laurent.
048 Petite Buse Buteo platypterus Quelques individus seulement.
049 Buse à queue rousse Buteo jamaicensis Je m’attendais à en voir bien plus.
050 Busard Saint-Martin Circus cyaenus Vu à une seule reprise.
051 Crécerelle d’Amérique Falco sparverius Probablement le rapace le plus fréquent.
052 Faucon émerillon Falco columbarius Quelques individus.
053 Faucon pèlerin Falco peregrinus 2 immatures à Montréal et une famille Niagara Falls.
054 Perdrix grise Perdix perdix Une compagnie en vol observée dans un champ.
055 Gélinotte huppée Bonasa umbellus Vue à 2 reprises avec notamment 11 jeunes dans les Monts Chic-Choc.
056 Pigeon biset Columba livia Très commun.
057 Tourterelle triste Zenaida macroura Commune. Facilement repérable sur les lignes électriques avec sa longue queue pointue.
058 Moucherolle phébi Sayornis phoebe Un individu observé seulement
059 Tyran huppé Myiarchus crinitus Un individu observé furtivement.
060 Tyran tritri Tyrannus tyrannus Assez commun par endroits.
061 Pioui de l’Est Contopus virens Un individu dans la Parc du Mont Royal à Montréal.
062 Moucherolle tchébec Empidonax minimus Un individu dans le parc de Forillon.
063 Moucherolle à ventre jaune Empidonax flaviventris Un individu au Cap Tourmente.
064 Moucherolle des aulnes Empidonax alnorum Je l’ai entendu assez souvent.
065 Moucherolle des saules Empidonax traillii Peu vu. Heureusement que son cri est différent de l’espèce précédente.
066 Martinet ramoneur Chaetura pelagica Commun au-dessus des grandes villes.
067 Hirondelle bicolore Tachycineta bicolor Quelques-unes.
068 Hirondelle à ailes hérissées Stelgidopteryx serripennis Vue à quelques reprises, souvent près de l’eau.
069 Hirondelle de rivage Riparia riparia Quelques-unes.
070 Hirondelle à front blanc Petrochelidon pyrrhonata Assez commune.
071 Hirondelle rustique Hirundo rustica Assez commune.
072 Colibri à gorge rubis Archilocus colibris Fréquente les mangeoires du Cap Tourmente. Assez agressif envers ses congénères.
073 Martin-pêcheur d’Amérique Megaceryle alcyon Vu à plusieurs reprises.
074 Geai bleu Cyanocitta cristata Un individu observé en vol au-dessus d’un bois.
075 Grand Corbeau Corvus corax Vu à plusieurs reprises dans les régions montagneuses.
076 Corneille d’Amérique Corvus brachyrhynchos Assez commune.
077 Quiscale bronzé Quiscalus quiscula Commun.
078 Carouge à épaulettes Agelaius phoeniceus Commun.
079 Vacher à tête brune Molothrus ater Quelques-uns.
080 Étourneau sansonnet Sturnus vulgaris Commun.
081 Goglu des prés Dolichonyx oryzivorus Quelques-uns, en groupes.
082 Pic mineur Picoides pubescens Un individu seulement.
083 Pic chevelu Picoides villosus Vu dans le Parc du Mont Royal à Montréal.
084 Grand Pic Dryocopus pileatus Une très belle observation de 2 immatures au parc du Mont Royal à Montréal.
085 Pic flamboyant Colaptes auratus Assez commun.
086 Mésange à tête noire Poecile atricapillus Quelques-unes.
087 Sittelle à poitrine rousse Sitta canadensis Un individu dans un bois du parc du Bic.
088 Troglodyte familier Troglodytes aedon Un individu seulement.
089 Troglodyte à bec court Cistothorus platensis Difficile à voir.
090 Grive fauve Catharus fuscenscens Un individu seulement.
091 Merle d’Amérique Turdus migratorius Quelques-uns.
092 Viréo à oeil rouge ; Viréo aux yeux rouges Vireo olivaceus On l’entend plus qu’on ne le voit.
093 Paruline jaune Dendroica petechia Vu à une seule reprise.
094 Paruline masquée Geothlypis trichas Vue à une seule reprise.
095 Paruline à joues grises Vermivora ruficapilla Vue en bordure d’une forêt de la Manicouagan.
096 Paruline flamboyante Setophaga ruticilla Mérite bien son nom. Vue à 2 reprises.
097 Paruline noir et blanc Mniotilta varia Un individu vu rapidement alors qu’il volait au-dessus d’une rivière.
098 Bruant à gorge blanche Zonotrichia albicollis Vu et entendu surtout dans la Manicouagan. C’est un virtuose du sifflet.
099 Junco ardoisé Junco hyemalis 3 individus dans un bois du parc du Bic.
100 Tohi à flancs roux Pipilo erythrophtalmus Un très bel oiseau vu grâce à Michel Bertrand.
101 Bruant chanteur Melospiza melodia Assez commun.
102 Bruant des prés Passerculus sandwichensis Assez commun. Ressemble beaucoup au Bruant chanteur mais la queue plus courte est un bon critère d’identification.
103 Bruant familier Spizella passerina Assez commun.
104 Bruant des champs Spizella pusilla Rare au Québec mais Michel Bertrand nous a emmené aux endroits propices à l’observation de cette espèce.
105 Bruant des marais Melospiza georgiana Vu à plusieurs reprises, dans les marais.
106 Sturnelle des prés Sturnella magna Vue dans des prés.
107 Moineau domestique Passer domesticus Très commun.
108 Jaseur d’Amérique Bombycilla cedrorum Assez commun et facilement repérable au sommet des grands arbres.
109 Cardinal à poitrine rose Pheucticus ludovicianus 4 individus vus avec Michel Bertrand.
110 Oriole de Baltimore ; Oriole du Nord Icterus galbula 4 individus vus ensemble.
111 Passerin indigo Passerina cyanea Un très bel oiseau vu grâce à Michel Bertrand.
112 Roselin pourpré Carpodacus purpureus Un individu observé à une mangeoire en pleine forêt.
113 Chardonneret jaune Carduelis tristis Assez commun et facile à repérer en vol une fois que l’on connaît son cri.

Autres espèces observées :

Tamia rayé (Tamias striatus)
Écureuil gris (Sciurus carolinensis)
Écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus)  : Plus petit que notre Écureuil commun.
Porc-épic (Erethizon dorsatum)  : Nombreux, écrasés sur les routes.
Marmotte commune (Marmota monax)  : Différente de notre Marmotte des Alpes.
Cerf de Virginie (Odocoileus virginianus)  : 4 vus depuis le train.
Ours noir (Ursus americanus)

Phoque Veau-marin (Phoca vitulina)
Phoque gris (Halichoerus grypus)

Marsouin (Phocoena phocoena)
Bélouga (Delphinapterus leucas)
Petit Rorqual (Balaenoptera acutorostrata)
Rorqual commun (Balaenoptera physalus)

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